Forum Trois Mousquetaires

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 Alejandra et Marie

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Marie de Chevreuse

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MessageSujet: Alejandra et Marie   Lun 21 Aoû 2006 - 1:56

Le carrosse suivait sur la route fleurie qui reliait Tours et Bourges. Au devant de l’attelage, deux chevaux caracolaient joyeusement, montés par deux femmes en tenue de cavalier. Leur chevelure flottait au vent et elles riaient aux éclats, ivres du sentiment de liberté qu’offrait cette joyeuse cavalcade sous le soleil de l’été. Les deux femmes d’esprit se livraient en sus un duel verbal dont aucun homme n’était l’arbitre. Leur assaut était donc gratuit, cinglant et démesuré, le seul enjeu étant de faire rire l’autre, et elles ne s’en privaient pas.

- Nous avons bien fait de mettre notre escorte dans le carrosse et de prendre leurs chevaux, dit celle des deux qui avait les cheveux couleur des blés.
- Et quand nous serons lasses de monter leurs chevaux, nous monterons l’escorte ! - dit la plus jeune des deux qui avait des cheveux de jais.
- Nous avons bien fait de prendre une escorte – pouffa la blonde en éperonnant son cheval qui allongea son galop.

Sur la route de Blois, deux femmes splendides partaient rejoindre celui qu’elles nommaient déjà «el capitan ». L’une était comptée pour être l’une des plus belles femmes de France, aussi libertine que maligne. Et belle, elle l’était, assurément. L’autre était une reine du Sud, une beauté rare et toxique qui aurait pu régner sur la Méditerranée et l’océan Atlantique réunis, une fleur de curare que l’on peut regarder de loin mais qu’il est déconseillé de toucher.

Lorsque Alejandra s’étaient présentée au château de Tours, elle avait demandé à voir la maîtresse des lieux et contre toute attente, cette dernière s’était présentée derrière elle en habit de cavalier : la duchesse de Chevreuse et son escorte arrivait de manière concomitante dans son domaine. Elle venait de Paris où l’un de ses amants, un jeune mousquetaire fort intrigant, l’avait libérée d’un mauvais pas. Marie de Chevreuse était fatiguée de son voyage mais la vue de cette jolie femme en armes qui voyageait comme elle en habit d’homme l’avait intriguée et elle s’était dit, avec son air enjoué habituel, qu’elle allait bien s ‘amuser en cette intéressante compagnie.
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Marie de Chevreuse

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MessageSujet: Re: Alejandra et Marie   Mar 22 Aoû 2006 - 1:05

Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas à ce point ri. Marie se trouvait à merveille dans la compagnie de cette jeune femme à la peau cuivrée et aux cheveux noirs, avec qui elle partageait tant de points de vue communs. Elles arrivaient à communiquer rien que par un regard...

Commme environ une demi-heure auparavant. Après un coup d'oeil complice, chacune d'elle avait attrapé par le cou un des hommes de l'escorte et les deux gardes, éberlués, étaient à présent baillonnés et ficelés comme des saucissons dans le carrosse de la duchesse. Absolument bouche bée.

- Que voilà une eau superbe! Une petite baignade vous tenterait-elle, pour effacer les traces de ce voyage? s'enquit avec un sourire étrange Alejandra.

La duchesse rit encore

- Quelle bonne idée!

Les deux jeunes femmes arrêtèrent leurs montures, et ôtèrent presque tous leurs vêtements, ne conservant pratiquement que leurs chemises. Elles plongèrent avec délice dans l'eau claire en riant et en s'éclaboussant.
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Mendoza de la Cruz

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MessageSujet: Re: Alejandra et Marie   Mar 22 Aoû 2006 - 3:26

*Voilà. La très belle Alejandra et la voluptueuse Marie Michon avaient fait connaissance. Peut-être êtes vous surpris de me voir commenter les frasques de ces femmes ? C’est que décidément vous ne me connaissez pas.
Vous ne savez rien et vous seriez bien en mal d’essayer de me comprendre ou de connaître les motivations qui poussent les gens comme nous à agir ; des hommes comme Mendoza de la Cruz y Tenorio, Comte de Salvatierra et bientôt Duc de Huescar, qui regarde la toison d’or de leur père comme l’expression de toutes les compromissions. Maintenant que vous savez qui je suis, vous vous attendez sûrement à ce que je vous en dise davantage sur les autres protagonistes de cette histoire ?

Je ne vois guère qu’Alejandra qui puisse vous intéresser. Voyez son corps souple et mat s’élancer dans l’onde de ce fleuve. Ah ! Je me doutais bien qu’elle ne saurait pas garder sa chemise ! Même dans cette eau courante la diablesse a encore le feu au corps, et je ne sais que trop à quel point elle brûle en dedans comme en dehors. Cette femme est l’enfer enfermé dans un corps de jeune fille, et quelque fois cet enfer s’échappe en explosion de lave comme un volcan en éruption, et elle calcine tous ceux et toutes celles qui l’entourent… Voyez comme elle rit avec sa nouvelle amie. Voyons, je l’ai envoyée chercher une duchesse, la duchesse de Chevreuse, et la voilà batifolant dans l’eau avec cette jeune femme. Voilà bien la Fançaise. Elle est aussi blanche que la neige d’hiver sur nos montagnes. Un teint de lait, une peau de pêche, elle doit avoir la peau douce et les lèvres pulpeuses. Si elle a les yeux bleus, ce n’en serait que mieux. Elle n’a pas l’air bien sauvage. Il ne manquerait plus qu’elle ait de l’expérience ? C’est ce que la rumeur prétend.

Merci Alejandra ! Tu le sais que je me tiens souvent ici, où je peux tout voir sans être vu. L’idée de la baignade est sûrement de toi. Et voilà que ta blonde amie n’y tient plus et enlève elle aussi sa chemise !. Santa Puta ! Mais c’est qu’elle est belle la garce ! Por Dios il me la faut ! Il n’y a pas de meilleur accord que ceux qui se cèlent au lit, Pour chaque nuit qu’elle m’offrira je jetterai à ses pieds la tête de l’un de ses ennemis. Une fois réduites à la méthode de ces sauvages des Amériques, ces têtes feront d’honnêtes boules pour un jeu de croquet. Nous pourrions y jouer à trois ? Je me demande si cette duchesse apprécie les jeux à trois…Sinon, quel meilleur professeur que ma nièce ?*

Loin de se douter qu’elle était observée, Marie de Chevreuse continuait à éclabousser sa compagne en laissant échapper son rire cristallin si communicatif et qui plaisait tant, même à Alejandra.
- Jouons à un jeu, dit Alejandra. L’une ferme les yeux et n’a ni le droit de les ouvrir ni le droit de bouger. L’autre se cache à proximité immédiate. Celle qui a les yeux fermés doit deviner où est l’autre et ce qu’elle va faire !
- D’accord. Je commence !

Marie s’assit dans l’eau et ferma les yeux. Alejandra s’approcha d’elle et leva la tête. Là sur le pont, un homme approchait. Cette silhouette ! C’était lui ! Il les avait vues et maintenant, il venait ! Il les regardait ! Comme stimulé par cette apparition, Alejandra s’enhardit encore. Elle s’accroupit devant Marie et attendit que cette dernière parlât.
- Vous êtes devant moi, je vous sens, dit la duchesse qui avait toujours les yeux clos.
- Si fait et maintenant que vais-je faire ?
- Fichtre ! Je n’en sais rien.
- Je pose mes mains sur votre ventre et je remonte jusqu’à vos seins…Quelle chance ! j’en aimerais de pareils !

La duchesse tressaillit et se redressa brusquement, regardant sa nouvelle amie avec surprise.
- Je n’avais pas compris cela, dit -elle, en essayant de se relever.

Alejandra la retint par la main avec fermeté et lui décocha un sourire charmeur.
- Voyons Duchesse, je ne saurais vous contraindre mais ne me refusez pas un baiser d’amitié !

Et la vipère aztèque déposa un vif baiser sur les lèvres de la duchesse avant de se relever rapidement, ivre de ses éclats de rire.

La duchesse se rhabilla en silence, assez intriguée par le comportement de cette fille aussi irrationnel que spontané. Sa confiance avait baissé d’un cran, non qu’elle eut peur de ses avances mais la manière lui semblait inconvenante.

Alejandra lança un regard vainqueur vers le pont où se devinait toujours la silhouette de l’homme à cheval qui les observait. .
- Pour aller au château il nous faut traverser le pont dit Alejandra.

- Je suis fatiguée à présent, dit la duchesse. Libérons ces imbéciles et reprenons le carrosse.

- N’en faite rien, ma chère, quelques-uns de nos amis sont peut-être déjà là. Nous leur ferons une bien meilleure impression si nous arrivons à cheval, d’autant plus que nous sommes déjà presque rendues !

- C’est vrai, reconnut la duchesse, et elle se jucha en amazone sur son andalous blanc.

* Arrivée au niveau du pont, la duchesse remarqua enfin mon oncle qui nous attendait à l’autre bout. Elle vit ce cavalier monté sur un cheval arabe d’un noir de jais. Mendoza s’habille toujours tout en noir, à part la fraise, mais ce jour la, il portait un col à rabat à la française ourlé de broderies anglaises, et des dentelles très françaises ornaient ses manches. Il avait mis les plus belles plumes rouges et noires à son chapeau et avait laissé tomber autour de son visage ses longs cheveux noirs qu’il porte d’habitude retenus en arrière avec u n ruban. J’avais envie de lui dire «Ah, ca, mon oncle, vous voilà bien coquet pour accueillir cette oie blanche ! » Mais je suis bien plus réfléchie qu’il n’y paraît et ses mots là, je les ai gardés pour moi. Car je connais mon oncle. Sa tranquillité n’est qu’une apparence et il ne quitte pas son fouet.

Arrivée à sa hauteur, la duchesse lui a tendu la main, il l’a portée à ses lèvres poliment sans même la toucher, comme l’aurait fait le parfait gentilhomme qu’il est d’ailleurs, quand il a décidé de l’être, et pour le temps forcement limité qu’il aura décidé de le rester. Puis, leurs regards se sont croisés. Mendoza a des yeux bruns, d’une vivacité étrange que j’attribue à sa folie. L’iris de ses yeux est constellé de paillettes dorées, ce qui donne à son regard quelque chose d’unique qui faisait fondre sa mère quand il était enfant. Ma grand-tante disait que tout l’or des Amériques était tombé dans les yeux de son fils. Mais je sais moi que c’était au contraire le signe d’une malédiction. Mendoza n’aime rien autant que l’or tout en le méprisant. Il en veut toujours plus pour avoir le plaisir de vous le jeter en pleine figure. C’est bien simple, moi, Alejandra, il me couvre d’or et de bien d’autres choses. Mais pour en revenir à la duchesse, elle n’échappa pas la règle et tomba sous le charme de ses yeux là. Dès qu’il eut vérifié de visu qu’elle avait les plus beaux yeux bleus du monde, je sus qu’elle serait le soir même couchée dans son lit*.
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Alejandra

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MessageSujet: Re: Alejandra et Marie   Dim 27 Aoû 2006 - 19:06

Alejandra observa Mendoza et la duchesse de Chevreuse faire connaissance par pupilles interposées, et un sourire monstrueusement cynique et moqueur vint étirer ses lèvres brunes de libidineuse latino. Elle remonta à cheval et piqua des deux, laissant son oncle et l'oie blanche à cervelle de poulet arrière. Ils bavasseraient tout en esprit et en sous-entendus tant qu'ils le voudraient. Pour sa part, elle avait mieux à faire que de prendre un cours de politesse mondaine.

Elle quitta la ville au galop, et se dirigea vers Chaumont, là où se trouvait la demeure du señor de La Cruz, et qui était présentement aussi la sienne, le temps que devait durer leur mission en France. Le loyer pouvait paraître exhorbitant : une redevance tous les soirs. Mais cela ne posait pas de problème à Alejandra : elle avait toujours payé en nature.

La fleur mortelle engagea sa monture sur l'antique pont levis, sans même accorder un regard aux gardes en faction, et pénétra dans la cour.

-Holà ! Juan, Pepita, Diego ! Venido aquí, hay un cierto trabajo para ti ! El amo se está volviendo con una pequeña perra nueva…

Les trois serviteurs s'inclinèrent, le même sourire méprisant et lubrique que doña de la Cruz aux lèvres, et s'en allèrent préparer la "Chambre rose". Alejandra, quand à elle, mis pied à terre, et alla elle même ramener le cheval aux écuries. Il n'était pas à elle, mais à la Chevreuse, puisqu'elles avaient pris les montures qui tiraient son carosses pour se livrer à leurs petits exercices de remise en forme, mais peu lui importait. Une carne était une carne, et cela en ferait toujours une de plus. Ca crevait vite, ces choses là... Un peu comme les hommes.
Elle changea la litière de la bête, la pansa elle même, et retourna au château.

"Je pue l'écurie, mais cela sent du moins meilleur que le parfum de cette traînée. L'essence de rose ne réussira jamais à couvrir les relents de draps sales, de sperme et de sang versé au nom de l'intrigue, Maria... Magdalena ! L'homme est l'animal le plus nauséabond du monde."

Alejandra retirait ses vêtements au fur et à mesure qu'elle avançait dans les couloirs du château. Les serviteurs la suivaient, ramassant le pourpoint, la chemise, le haut de chausse, le justaucorps, le caleçon... Et lorgnant sur l'amazone, fille du Soleil, qui déambulait en se déhanchant, devant eux, sans aucune retenue.

Elle ignorait jusqu'au sens du mot pudeur.

Nue comme au jour de sa naissance, elle entra dans ses appartements, et sans même se mettre quelque chose sur le dos, alla ouvrir ses rateliers et ses coffres-tout-sauf-secrets et entreprit d'astiquer son épée, ses poignards et ses aiguilles creuses. Très pratique pour embrocher, assassiner, et gober les yeux de ses adversaires.

Elle passa une langue voluptueuse sur son avant bras, là où un officier de marine de la Compagnie des Indes avait gravé à jamais la flétrissure en forme de P, apanage des pirates attrapés par les anglais. Des marques comme ça, elle en avait beaucoup. Et ses baisers les connaissaient par coeur. Sa langue vangeresse suivait chaque cicatrices, chaque boursouflure que le feu avait imprimé dans la chair. Brûlée et brûlante.

-Alejandra, merci pour moi.
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Mendoza de la Cruz

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MessageSujet: Re: Alejandra et Marie   Ven 1 Sep 2006 - 3:17

Mendoza conduisit la duchesse au château de Chaumont, sans se préoccuper davantage de la cavalcade d’Alejandra. Il savait bien où elle allait et peu lui importait ce qu’elle ferait dans les heures à venir. Elle lui livrait la duchesse. Sa mission accomplie, elle avait bien le droit d’aller se distraire à sa façon. Quant à lui, il se mettait à l’heure française. Il n’avait pas souvent l’occasion de laisser son éducation d’aristocrate remonter à la surface et la présence de cette duchesse,la possibilité de parler un peu français avant toutes ces palabres qui entourent les complots et qui se tiendraient bientôt en son château dans cette même langue, la présence de cette française, donc,l'amusait...

La duchesse descendit de cheval et passa devant Mendoza pour entrer dans les lieux. Il s’effaça avec une politesse de façade irréprochable mais ses yeux de braise ne quittaient pas la nuque de la duchesse. Son regard allumé d’une flamme sans équivoque descendit le long de sa fine taille et se perdit dans les froufrous de sa robe.

- Inès va vous montrer vos appartements. Vous souhaitez sûrement vous délasser après cette course ?

La duchesse hocha la tête et sourit avec grâce.

- Puis-je espérer votre présence ce soir, à six heures, pour le souper ?

- Je viendrai avec grand plaisir.

« Avec grand plaisir ! ». Il y a des mots à ne pas prononcer devant un homme comme Mendoza. Il prit la main qu’elle lui tendait et la porta à ses lèvres avec beaucoup de retenue, en s’inclinant avec ce que de lointains observateurs auraient pu prendre pour du respect. Mais il planta alors son regard dans le sien pendant plusieurs secondes qui durèrent une éternité et lui répondit :

- Et moi, je vous attendrai avec les meilleures dispositions à vous satisfaire…

Puis il la salua encore et tourna les talons, la laissant entre les mains de la gouvernante.

Marie se sentait troublée, à la fois intriguée, attirée et pourtant vaguement inquiète. Cet homme avait un regard si étrange. Elle aurait bien voulu y lire quelque chose mais il était insondable. Elle ne savait qu’une chose en tant que femme, c’est qu’elle lui plaisait. Mais au-delà de cette attirance qui était réciproque, elle ne percevait rien de l’âme de cet homme et c’était pour le moins inhabituel. Elle resterait donc sur ces gardes. Sa tête resterait froide même si le reste de sa personne était prompt à s’enflammer.
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Marie de Chevreuse

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MessageSujet: Re: Alejandra et Marie   Sam 2 Sep 2006 - 23:34

La duchesse prit ses appartements avec cette aise qu'elle manifestait peu importe l'endroit où elle se trouvait. Elle qui voyageaient tant et s'accomodaient d'hôtels et d'auberges sur le chemin n'en était que plus heureuse de cette suite luxueuse qu'on avait mit à sa disposition, et dans laquelle on s'était empressé de monter ses bagages.

L'accueil de Mendoza, autant celui d'un prédateur que d'un gentilhomme, déstabilisait la fière duchesse, elle qui avait l'habitude de manières tout autres chez les hommes qu'elle fréquentait. Celui-là l'intriguait par son regard étrange, par cette nuance... animale? qu'elle voyait percer dans le moindre de ses mouvements, de ses expressions.

Pour le dîner, elle résolût de paraître à son meilleur, aussi se fit-elle habiller de sa robe la plus luxueuse, volontairement provocante, se coiffant avec savoir-faire.

À dix-huit heures, elle se regarda une dernière fois dans le grand miroir de la chambre et se sourit à elle-même avec assurance, avant de descendre de sa démarche la plus souple et gracieuse les marches jusqu'à rejoindre Mendoza, à qui elle tendit la main avec un sourire mi-provocateur, mi-amusé. Elle se délectait par avance de la soirée qu'elle passerait en aussi intéressante compagnie...
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Mendoza de la Cruz

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MessageSujet: Re: Alejandra et Marie   Dim 3 Sep 2006 - 20:21

El señor Mendoza vit arriver la duchesse avec satisfaction. Elle était presque à l’heure. Elle avait mis de beaux atours et semblaient dans les meilleures dispositions du monde. Il se passait des choses épouvantables dans les entrailles de ce château. Mais Marie Michon n’en savait rien et se sentait d’humeur légère.

Le maître des lieux, quant à lui, était préoccupé par les événements du sous-sol et son esprit restait partiellement coincé dans les oubliettes de son château. Et si, ces imbéciles, par pure cruauté, venaient à occire ses invités sans les avoir fait parler ?

Mendoza baisa la main de son invitée et la conduisit près du feu ou quelques serments de vignes achevaient de se consumer sous les yeux mi-clos du chat de la maison, un énorme greffier d’un noir de jais qui pesait plus de quatre livres et arborait un œil crevé.
- Vous permettez Madame, un ordre à donner…Je ne serai pas long.

De la Cruz alla dans une pièce voisine et la duchesse tendit l’oreille pour écouter la conversation.
- Hola ! Ernesto ! Dònde està Doña Alejandra ?
- Està con los franceses. Ayuda el señor Judain.
- Muy bién. Perfecto !

Mendoza revint aussitôt près de la duchesse, totalement détendu. Si la force brutale de Judain l’inquiétait, nul doute qu’Alejandra obtiendrait quelque chose de tangible si toutefois c’était possible de la part de soldats aguerris comme ceux là. Il était fin prêt pour des préliminaires mondains.

- Aimez-vous la truffe du Périgord chère Madame ?
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Marie de Chevreuse

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MessageSujet: Re: Alejandra et Marie   Mar 5 Sep 2006 - 7:20

Marie avait tendue l'oreille, d'autant plus que Mendoza s'était adressé à son serviteur en espagnol... Il avait parlé de français... De qui diantre pouvait-il bien parler ainsi, et que voulait-il dire?

Et ce nom de Judain qui lui était également familier... Où donc l'avait-elle entendu pour la première fois?... Elle n'en avait pas la moindre idée.

Mais déjà de la Cruz revenait auprès d'elle. Elle en oublia la conversation qu'elle venait d'entendre, et qui, somme toute pour elle, n'était que fort peu importante, et elle fit à son hôte son sourire le plus charmant et le plus désarmant.

- Si j'aime les truffes du Périgord? Oh oui, beaucoup, répondit-elle avec une mine espiègle.

De ces délicatesses, il ne manquait aucunement sur la table du señor de la Cruz. Partout où le regard se posait, ce n'était que petite douceur et friandise fine, appétissante autant pour les yeux que pour le palais.

Mais Mendoza semblait n'avoir d'yeux et de pensées que pour son invitée...

(HJ: désolée si mon post est maladroit, l'est tard, et je m'en vais me coucher... Si tu le trouves mal, je te permets de l'effacer, Marie-Aude ^^ )
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Mendoza de la Cruz

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MessageSujet: Re: Alejandra et Marie   Mar 5 Sep 2006 - 14:15

(HJ : Que nenni!)

Mendoza aimait bien la nouveauté. Et ces beaux yeux bleus et espiègles, ce sourire charmeur, cette répartie qu'elle avait toujours au fur et à mesure des conversations… Mendoza ne quittait plus des yeux cette peau blanche et ce décolleté engageant. Il écoutait son rire cristallin tandis qu'elle lui contait ses souvenirs de Castille.

Oui, cette femme belle, enjouée, spirituelle, apparemment superficielle et légère. Elle était l'anti- thèse d'Alejandra. Elle avait la noblesse de son rang sans en avoir la sagesse…. Et tout cela lui plaisait infiniment. Alejandra vaquait à ses occupations. Il la savait capable de tout pour déstabiliser ses prisonniers. Les moyens lui importaient peu. D'ailleurs, la fin ne justifie- t-elle pas les moyens ? Lui, s'occupait à sa manière de gagner les conjurés à sa cause. Et cela commençait par la conquête de ce cygne appétissant.

Mendoza, n'y tenant plus, lui prit la main. Un sourire énigmatique éclairait à cet instant son sombre visage. A la lumière dansante des chandelles, Marie voyait les paillettes de feu de ses prunelles brûler au fond des ses yeux. Elle sentait son odeur plus sûrement qu'une jument sent l'odeur du loup en approche. Son cœur battait vite mais elle s'efforçait de rester calme, ne laissant rien paraître du trouble qui l'envahissait.

Pendant ce temps, le comte de la Cruz poursuivait ses travaux d'approche et embrassait la main, les poignets; le bras de la belle. Arrivé au bras il dût se rapprocher d'elle davantage encore et se déplaça imperceptiblement. Son visage était à présent bien prêt de celui de la duchesse. Mais il continuait à embrasser son bras, son épaule, sa poitrine, tandis que son autre main….

La duchesse ne contrôlait plus les battements de son cœur, ses jambes tremblaient, ses mains étaient moites et sa respiration difficile. Au fond de son ventre, il y avait un nœud qui grandissait en intensité de minutes en minutes jusqu'à lui faire mal. Elle rencontra les yeux de Mendoza et gémit faiblement tout en murmurant "non!". Mais un sourire carnassier se fixa sur les lèvres du loup. Le cygne était à lui. Il la possédait déjà. Et tandis que la duchesse sentait ses jambes se dérober définitivement sous elle, il l'embrassa enfin, longtemps absolument, tout en la serrant contre lui à l'étouffer mais elle ne se dégageait pas.

La duchesse aussi aimait la nouveauté.
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