Forum Trois Mousquetaires

Une suite inédite aux aventures de nos quatres compagnons légendaires!
 
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 Guet-Apens

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Aramis
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MessageSujet: Guet-Apens   Dim 27 Aoû 2006 - 8:31

(HJ: une simple reprise des derniers posts écrits dans le sujet "Orléans" et qui vont mieux sous ce nouveau sujet Wink )

D'Artagnan et Athos avaient choisi deux chevaux de poste qui leur avaient fait bonne impression et quittèrent les faubourgs de la ville à en petit quart d'heure derrière leurs "clients". Ils poussèrent d'abord leurs montures mais ne tardèrent pas à rattraper le jésuite et le moine. Ces derniers ne soupçonnaient absolument pas qu'ils étaient suivis. Ils s'arrêtèrent bientôt en rase campagne au milieu du chemin et les deux mousquetaires qui les suivaient à travers champ, suivant une route virtuelle parallèle à l'ancienne voie romaine pour ne pas se faire repérer, les deux mousquetaires cachés derrière un rideau d'arbres virent ostensiblement le père jésuite remettre une lettre au moine et tourner bride aussitôt.

"Nous sommes à l'endroit convenu. Voici l'ordre du Matador, dit le prêtre. Il sera votre laisser passer à Bourges".

Le moine dissimula le pli dans ces vêtements sans même lire et reprit sa course en allongeant son trot.

***
Au bout d'un temps qui parut interminable au chevalier, il vit Athos arriver au galop sur un cheval de post. Il ne dit rien mais son regard était éloquent. Athos descendit de cheval et Aramis s'approcha de lui.

- Nous avons réussi à savoir où ils se rendent, répondit le comte à l'interrogation muette dans le regard du chevalier. Il n'y a pas un moment à perdre, suivez-moi.

Athos ne semblait pas disposé à en révéler davantage. Aramis réprima un geste impatient et monta en scelle.

- Le supérieur des Jésuites est rentré à l'évêché, mais l'homme qui l'accompagnait a continué son chemin.

- Alors, allons-y, nous vous suivons, comte.

***
La fureur de Vaudois avait cédé la place à une haine concentrée et rien sur le visage fermé du jeune homme ne trahissait ses émotions et ses sentiments. Pour un regard extérieur, il semblait dans son assiette ordinaire, mais cela ne le rendait que plus inquiétant encore.

Il s'était attablé, d'un air tranquille, devant une de ses bouteilles préférée d'hypocras, et buvait à petites gorgées, comme on se délecte. De temps un temps, sa main jouait avec le verre, en faisant miroiter la couleur cinabre du vin, et un sombre sourire naissait sur ses lèvres, pour s'évanouir aussitôt.

Sa main eut à peine une crispation lorsqu'Athos entra dans la taverne, pour lui signifier qu'Aramis était déjà en selle et qu'ils partaient. Vaudois se leva flegmatiquement, épousseta lentement le revers de sa manche d'un air détaché et suivi le mousquetaire sans un mot.

Que machinait ce caractère sombre et rancunier ? Quelle vengeance ourdissait-il dans le secret de son âme ? Athos le considéra un instant, peplexe, mais Vaudois lui renvoya un étrange sourire goguenard qui le dérouta et lui fit tourner la tête en haussant les épaules... Après tout, personne ne pourra jamais soigner quelqu'un qui refuse de prendre ses médecines.

Vaudois sauta en selle avec un sentiment d'immense félicité. Non, il n'avait pas changé au fond, malgré le bouleversement qu'avaient fait naître en lui tous ces derniers évenements. La lumière n'avait réchauffé que l'affleurement, mais n'avait pas pu percer plus loin.Et si la surface du lac paraissait désormais calme et sereine, au contact de la main de l'enfant ou de sa mission évangélique, le fond des eaux restait boueux et froid, agité de courants violents. Il était resté le même. Il avait pourtant vraiment voulu y croire, mais en réalité,il était toujours le même homme. Sa haine n'avait fait que connaître un répit, rien de plus. A présent, elle se dressait, d'autant plus redoutable qu'elle avait grandi en se mourissant de la souffrance d'autrui. Judain paierait ! Et deux fois ! Une fois pour Jean et une fois pour John... Quand bien même Judain était innocent en ce qui concernait l'ange blond aux yeux chavirés et au corps souillé ! Ce que Vaudois cherchait n'était qu'un exutoire à sa fureur. Peu importait tout le reste !

Au galop sur sa monture, Vaudois se repaissait de sa rancune et de sa vengeance à venir...

Dieu, que le châtiment est une chose délicieuse! Je comprends à présent qu'il Te soit réservé, Seigneur!

Vaudois ferma un instant les yeux et savoura cet instant d'intense excitation à l'idée de la punition toute proche avec délices....

***
- Où allons-nous ? - demanda de Wardes alors qu'il revenait de l'écurie, son cheval sellé à la main.

- Nous prenons la route de Blois. S'ils sont rentrés dans la ville, d'Artagnan nous attendra à la porte est. S'ils n'y sont pas entrés, d'Artagnan nous laissera un message dans l'une des auberges de la poste, répondit Athos.

- Nous allons devoir nous arrêter souvent, fit Porthos, que la perspective de se restaurer déridait déjà.

- Espérons qu'Artagnan ne se fera pas prendre car en suivant à ce point le trajet et les arrêts communs, nous serons faciles à trouver si l'on nous cherche, répliqua Aramis en quittant la cour de l'auberge.

- Il ne sera pas pris ! - s'exclamèrent en cœur et Athos et Porthos et ils s'élancèrent au galop suivis des laquais.

"Misère, misère !" geignait Edouard. Bazin donna un coup de cravache sur la croupe se la monture d'Edouard et la jument partit comme une flèche.

Alors qu'Edouard doublait au triple galop les mousquetaires de tête auxquels s'était adjoint Vaudois, tout aussi pressé qu'eux mais pour bien d'autres raisons, la petite troupe accéléra dans le sillage du valet et sa monture emballée.

- Brave Edouard ! Comme il est pressé de retrouver son Maitre !

***
La petite troupe cavala ainsi le reste de la journée, s'arrêtant aux relais de poste, recherchant le moindre message qu'aurait pu laisser leur intrépide jeune compagnon. Sans succès. Ils arrêtèrent finalement à Meung, et Porthos ayant insisté pour y rester souper, ils descendirent dans une auberge.

Porthos, affamé comme à l'habitude, demanda qu'on leur serve un gros repas. Aramis, irritable, ne dit rien et s'installa avec les autres à table. Il s'inquiétait pour d'Artagnan, qui était seul au-devant d'eux, mais Vaudois préoccupait encore davantage son esprit. Il lui jetait parfois un coup d'oeil furtif, des soupçons lui mordant au coeur. Il ne connaissait que trop ce caractère bouillant, et la lueur qu'il voyait dans l'oeil d'ébène de son compagnon parlait de façon éloquente des sentiments qui agitaient son coeur. La vengeance...

Il fut tiré de ses pensées par une exclamation de Porthos.

- Ah çà, elle est très bien, cette auberge, où l'on réserve bonne table aux mousquetaires du roi

Aramis et Athos se levèrent rapidement et contournèrent la table pour regarder ce que Porthos avait découvert. Sur le bois de la table avait été gravé un dessin avec une légende. Aramis se pencha en plissant les yeux et s'appliqua à le déchiffrer.

- C'est le drapeau de la compagnie avec sa devise, et en dessous, on a gravé le nom Blois. Cela ne peut vouloir dire qu'une chose, amis. D'Artagnan se dirige vers Blois, et c'est fort probablement dans cette ville que nous trouverons les conspirateurs.

- Fort bien, dit Vaudois, l'oeil étincelant.

- Messieurs, je propose que nous n'arrêtions qu'à la prochaine ville pour y passer la nuit, déclara Athos. D'Artagnan n'aura pas manqué de prendre le plus d'avance possible, et nous voulons y être au plus tôt.

Tout le monde approuva ces propos et rapidement, on termina de manger et on se remit en scelle.

La nuit était déjà tombée lorsqu'ils arrivèrent à Beaugency, et on décida qu'on y passerait la nuit. L'aubergiste, les voyant, eut un mouvement de surprise et s'approcha d'eux, tandis qu'ils s'installaient pour se reposer dans la salle commune de l'établissement.

- Seriez-vous des mousquetaires du roi, Messieurs?

Aramis releva la tête et le considéra d'un oeil méfiant.

- Oui, nous le sommes, répondit-il tout de même.

- Y aurait-il alors parmi vous les dénommés Athos et Porthos?

Les deux hommes firent un signe pour indiquer qu'il s'agissait d'eux. L'aubergiste sourit alors.

- L'un des vôtres m'a chargé de vous dire qu'il se rendait à Blois.

- Ah, je comprends! dit le chevalier en souriant à son tour. Merci beaucoup.

- Ceci confirme ce que nous avions déjà compris à Meung, dit Athos lorsque l'aubergiste se fut éloigné pour répondre à d'autres clients. Dormons ici, donc, cette nuit, et demain nous pourrons aller rejoindre notre compagnon.

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Dim 27 Aoû 2006 - 10:50

Un instant, une vague de désespoir avait submergé son coeur, lorsqu'il avait cru qu'Artagnan n'avait pas laissé de traces. Vaudois avait senti que sa vengeance allait lui échapper. Mais les naïfs propos de Porthos firent renaître son sourire détaché et flegmatique sur ses lèvres. Non, il allait bientôt assouvir sa soif.

Il surprit un énième coup d'oeil furtif d'Aramis. Bon sang, cela l'agaçait au plus haut point !!! Pour qui se prenait-il ? Pour son père?! Avait-il peur que sa précieuse mission soit mise en péril par un acte inconsidéré de sa part ?! Le prenait-il pour un enfant ?! Le surveillait-il comme on surveille un gamin capricieux ?! Il avait vécu seul jusqu'à présent, sans personne pour veiller sur lui, alors ce n'était certainement pas maintenant que quelqu'un allait l'empétrer dans son attention tout de même! Revenir et lui dire "moi aussi, j'ai souffert pour vous, à cette époque" ne suffisait pas à lui donner le droit d'agir comme il le faisait avec lui, comme on agit avec un être faible, sans volonté et sans force... Aramis n'avait aucun droit sur lui ! Pas même celui de s'inquièter !

Vaudois renvoya un regard dur à Aramis qui détourna les yeux. En quittant la taverne , il s'approcha du jeune mousquetaire et s'arrêta à sa hauteur .
- D'herblay, pour qui me prenez-vous, avec vos attitudes paternalistes ? Cessez de me surveiller, et veillez plutôt sur vous, pour changer ! Grinça-t-il si bas que seul Aramis l'entendit.

Puis il monta en selle.

Aramis était resté un instant interdit sur le pas de la porte. Il tourna de nouveau le visage vers Vaudois qui s'affairait comme si ren ne se fût passé. Le chevalier secoua la tête, blessé, et monta en selle à son tour.

Le soir, on s'arrêta à Beaugency pour la nuit. VAudois affectait à présent de ne pas croiser le regard d'Aramis, de n'avoir pas le moindre mot à échanger avec lui. Il s'était enfermé dans un mutisme souriant, vaguement goguenard. Seul son oeil diaphane, caché derrière son rempart de jais, jetait parfois une petite étincelle brûlante qui s'étaignait rapidement, et son sourire s'élargissait. La vengeance était pour lui, et pour lui seul ! Il n'accepterait pas d'en partager la moindre miette... Pas même avec Aramis ! Un loup reste toujours une bête sauvage, même si on tente de l'apprivoiser. Et Vaudois serait toujours VAudois!
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Grégoire de La Tréaumont

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Dim 27 Aoû 2006 - 18:22

( Je viens de m'aviser que dans mon zèle juvénile j'ai posté trop tôt pour la chronologie, et vous en présente mille excuses ... )


Assis à la terrasse de la buvette de ce relais de Saint-Dyé, faisant semblant de siroter le gobelet de vin d'Anjou qu'il avait fini depuis quelques temps déjà, et cherchant principalement à éviter qu'on s'aperçoive qu'il n'avait pas assez d'argent pour s'en payer un autre, Grégoire affectait en outre de rester de marbre au spectacle d'une hétéroclite compagnie qui arrivait au même instant et attirait toutes les attentions en cette auberge provinciale .

Il ne prit pas la peine de saluer les militaires au pas martial défilant devant lui avec des mines de conspirateurs aguerris . La dernière fois qu'il avait voulu tourner le compliment à un lieutenant aux gardes arrivé de Paris, cela s'était terminé dans l'eau saumâtre du port . Pardieu non, une fois mais pas deux ! Il fallait au moins essayer la technique inverse : la plus complète indifférence .

... restait que sa curiosité ne laissait pas d'être aiguillonnée par les personnages, et l'évident mystère qui motivait leur arrivée, plume au vent et soulevant des nuages de poussière comme il se doit ...


Dernière édition par le Dim 27 Aoû 2006 - 20:23, édité 1 fois
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D'Artagnan
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Dim 27 Aoû 2006 - 18:41

D’Artagnan après s’être séparé d’Athos continuait de suivre le moine. Celui ci était prudent, extrêmement prudent, il se retournait souvent et lorsqu’il entrait dans une auberge, il n’en ressortait pas par la même porte. D’Artagnan le suivit dans toute sa course et toutes ses haltes, dormant dans les écuries des auberges où il s’arrêtait pour ne pas être vu, mangeant sur le pouce, toujours aux aguets.

Enfin, le moine était aux portes de Blois. D’Artagnan le suivi jusqu’aux abords du château. Là, il vit un nombre considérable de carrosses, de cavaliers caracolants, de belles dames promenant sous leurs ombrelles. Pas de doute, Gaston d’Orléans était là avec sa cour. Et avec lui, tous ses partisans.

- C’est là que se tiennent les conjurés, se dit d’Artagnan. Et au grand jour encore ! Allons vite prévenir les autres !

Il fit demi-tour et poussa son cheval, indifférent à un cavalier de belle mise qui ne le quittait pas des yeux et tourna bride en même temps que lui. D’Artagnan piquait vers Saint Dyé, dernier relais de poste avant Blois où il estimait que ses amis devraient être parvenus, puisqu’il le suivait à une demi-journée…

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Aramis
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Dim 27 Aoû 2006 - 19:16

La nuit s'était passée sans encombre malgré l'état d'esprit des compagnons. Aramis, vexé de la remontrance de Vaudois, et blessé, n'avait plus ouvert la bouche et s'était renfermé, lui aussi, dans un silence sombre et morose.

Dès qu'il fermait les yeux, l'image vibrante de Marie dansait derrière ses paupières et lui torturait l'esprit et le coeur.

Au bout d'une nuit agitée et de peu de sommeil, Aramis se leva avant l'aube et descendit à l'extérieur prendre l'air matinal. Prendre une résolution...

Six heures sonnaient lorsque ses compagnons sortirent eux aussi, prêts pour le départ. Aramis promena son regard sur chacun d'eux, même sur Vaudois, qui gardait cette terrible expression d'espoir haineuse. Il ferma un instant les yeux et monta résolument en scelle.

La troupe partit au galop dans le silence le plus complet. Même Porthos avait un air grave inhabituel sur sa physionomie, et galopait près du chevalier, lui jetant un regard de temps en temps.

Midi sonnait lorsqu'ils arrivèrent à Saint-Dyé, dignes et solonnels comme à la parade.

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Dim 27 Aoû 2006 - 21:44

Vaudois promnenait son regard tout autour de lui durant leur chevauchée. Comme un promeneur découvrant avec plaisir le paysage. Et plus Aramis s'enfonçait dans une mauvaise humeur évidente, plus VAudois semblait se détendre et savourer avec une joie intense la journée. Il était trop heureux et impatient à l'idée de la rencontre prochaine pour parvenir à la dissimuler plus longtemps... Pouvoir serrer entre ses mains le cou de ce misérable... Quelle délectation !!

La souffrance peut rendre cruel. Et Vaudois avait beaucoup souffert. Souffert en son nom et en celui de son "fils"...

La troupe s'arrêta à Saint Dyé pour rafraîchir les chevaux et les maîtres. Vaudois sentait l'impateince grandir en lui. Pourquoi donc faire une halte ? Il aurait tant préféré pousser jusqu'à la ville suivante, dans l'espoir de retrouver traces d'Artagnan et pouvoir enfin porter le main sur Judain ! Mais il rongeait son frein en silence, pour ne pas avoir à parler.
Aramis alla s'établir, sombre et taciturne à une table, bientôt rejoint par Athos, Porthos et de Wardes, tandis que le gentihlomme protestant tirait vers la fenètre une chaise sur laquelle il s'affala, posant la semelle de ses bottes sur un banc proche dans une attitude désinvolte et commanda une bouteille de vin de Sauternes : il boirait à sa haine assouvie.

Il s'était installé dans un coin solitaire, pour n'avoir plus à feindre. Seul avec lui-même.... Seul avec ses pensées... Seul avec sa haine...

Les yeux dans le vague, l'esprit noyé au fond de la liqueur dorée qui miroitait à la lueur des flammes, le jeune protestant promena un regard méprisant sur les hommes ivres qui se tapaient sur les cuisses en riant bruyamment. Des ivrognes! Aucune dignité dans le vin. Il eut une grimace de dégoût.
Son unique oeil visible rencontra toutefois la frêle silhouette d'un buveur, qui sirotait tranquillement, indifférent au tapage ambiant. Vaudois eut un soupir et replongea son oeil de jais dans son verre de vin.
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Grégoire de La Tréaumont

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Dim 27 Aoû 2006 - 22:25

Tiens ? Lorsque l'un des voyageurs se retourna pour lui lancer un regard, Grégoire s'aperçut qu'il s'agissait d'un borgne ... à moins qu'il ne s'abuse ... mais quel oeil est si pâle quand son jumeau est sombre comme la nuit ? Du moins Grégoire n'avait-il jamais observé pareil phénomène, parmi les milliers de voyageurs transitant par les diverses cités portuaires qu'il avait habitées !

Un borgne comme lui ? Sans doute pas pour les mêmes raisons mais bast ! Il lui adressa donc un salut muet, inclinant la tête sans avoir paru le regarder un instant .

Mais comme cela le distrayait, son gobelet lui échappa et roula au sol . Grégoire se précipita pour le ramasser, mais l'aubergiste fut plus rapide ( toute une vie d'entraînement et d'avidité ! ) et fondit sur ce client potentiel comme l'aigle sur sa proie, proposant toutes sortes de boissons plus onéreuses les unes que les autres ...

En présence de tous ces gentilshommes de Paris, en plus, c'était assez humiliant ! Grégoire ne put s'empêcher de montrer sa gêne en s'efforçant de repousser l'importun de l'air le plus noble qu'il pouvait trouver .
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Dim 27 Aoû 2006 - 22:31

L'ombre qu'avait remarquée Vaudois un instant plus tôt sembla incliner la tête....

VAudois releva le regard et fixa le buveur. Il avait cru cependant... mais non, sans doute se trompait-il, l'homme n'avait pas même paru le regarder un seul instant. Il observa un instant en silence, muet, intrigué... Avait-il déjà rencontré la frêle silhouette...?

Il en était là dans ses réflexions quand le gobelet échappa au buveur. La scène était cocasse, et la gène du client attira un vague sourire railleur sur les lèvres de VAudois, qui reporta bientôt son attention sur son propre verre, avant de boire une nouvelle gorgée.
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D'Artagnan
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Lun 28 Aoû 2006 - 0:26

Alors que nos amis en étaient là de leur réflexion et de leur verre de vin, d'Artagnan touchait enfin à la fin de sa course.

D’Artagnan vit avec un certain soulagement les murs de Saint –Dyé. Son cheval était couvert d’écume, les naseaux dilatés, l’œil exorbité, la pauvre bête en était presque au point de s’abattre. Les palefreniers virent immédiatement l’état de la monture et avertirent le patron. L’aubergiste fronça le sourcil mais contrairement à son habitude il n’exigea pas réparation immédiate, ce qui surprit fort ses employés et intrigua d’Artagnan.

Néanmoins, ce dernier entra résolument dans l’auberge, impatient de retrouver ses amis, et son regard embrassa d’une seule traite l’ensemble de l’assistance. Il n’eut pas longtemps à chercher. Le premier homme qu’il vit fut Athos, en train de ramener deux pichets de vin, un pour lui, un pour les autres et il alla s’asseoir seul non loin de Vaudois qui semblait vouloir s’isoler délibérément, également. Aramis était avec Porthos et de Wardes s’était joint à eux pour manger un morceau.

Les laquais bien sûr n’étaient pas là, pas avec les clients. Ils mangeaient du jambon dans la pièce à côté où Edouard, pour une fois, connaissait son heure de gloire. Deux pièces de pain à la main, il expliquait à l’assistance médusée comment y glisser une épaisse tranche de jambon avec du fromage mou et des carottes ! Et le succès était au rendez-vous.

D’Artagnan marcha droit vert Athos et l’embrassa.
- Ils sont à Blois, dit -il.
- Nous avons eu vos messages. Porthos a beaucoup aimé voter dessin ! Vous avez un bon coup de crayon, mon cher !
- En l’occurrence un bon coup de couteau…pour graver cette table. C’est une chance que Porthos ait les yeux toujours fixés sur une bonne table ! Mais que se passe –t- il ? Vaudois a l’air préoccupé.
- Et Aramis... Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais votre retour vient à point nommé, croyez-moi.
- Je vais les saluer. Content de vous retrouvez amis ! – s’exclama –t-il à haute voix en embrassant à leur tour ses autres compagnons.

Le jeune homme au teint mat sursauta quand Artagnan donna de la voix. Il leva le nez et regarda avec prudence ce groupe d’hommes. Des camarades d’équipage qui se retrouvaient comme lui, autrefois, retrouvait ses frères…

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Lun 28 Aoû 2006 - 10:31

Maintenant Grégoire écoutait malgré lui, distrait de sa faim de voyageur économe par les exclamations disctinctes qui lui parvenaient . Il espérait que cela ne se remarquerait pas car la chose n'avait rien de courtois ni de bien élevé, néanmoins les noms se gravaient dans son esprit les uns après les autres et il n'avait point besoin de fixer les différents compagnons pour attribuer à chacun la phrase qui venait de le qualifier . Ils étaient si différents ! Ainsi réunis, ils devaient former une redoutable force ennemie, telle fut sa première conclusion . S'en suivait la réflexion logique : mieux vaut sans doute être de leurs amis .

De toute évidence, Grégoire de la Tréaumont n'avait pas la moindre idée de ce qui se tramait dans la région en ces temps tourmentés de quasi guerre civile et, pire encore ! de politique . Il ne songeait même pas qu'une pareille compagnie puisse trouver à s'attaquer à plus fort qu'elle ...
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Lun 28 Aoû 2006 - 13:11

Athos avait poussé un imperceptible soupir de soulagement lorsqu'il avait vu revenir le jeune homme sain et sauf. Il avait confiance en lui, y compris en sa capacité à rester en vie et à ne pas prendre de risques stupides, mais sur cette affaire il n'avait été qu'à moitié tranquille en laissant son jeune compagnon seul. Une embuscade arrivait si vite, de nos jours !

Le comte sourit en voyant d'Artagnan s'avancer résolument vers Aramis et l'embrasser sans prévenir, faisant presque sursauter l'apprenti abbé. Un dernier regard appuyé entre le tourangeau et le gascon scella l'accord tacite selon lequel les quatre Inséparables attendraient d'être seuls pour tenir conseil avec Vaudois, et peut être de Wardes si celui ci montrait un semblant de sociabilité, au sujet de la suite du voyage et des précautions à prendre. Pour le moment, c'était juste une soirée de repos.

Athos se tourna de nouveau vers le feu, et ce mouvement lui fit apercevoir un jeune homme de belle mine, au teint basané et aux cheveux quelque peu rebelles sous son feutre, qui les observait du coin de l'oeil.
Athos haussa un sourcil. L'espace d'une seconde, son regard croisa celui de l'inconnu. Le mousquetaire leva légèrement son verre, comme pour le saluer, un demi-sourire amusé aux lèvres.

Vaudois, qui se tenait à quelques pas d'Athos, semblait lui aussi avoir remarqué la curiosité, ou du moins l'intérêt, de ce voyageur trop jeune pour être seul.

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( ~Henry Bedford-Jones )

~Olivier, Comte de La Fère
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Lun 28 Aoû 2006 - 14:46

Cependant, alors que nos amis discutaient dans le confort doucereux de cette auberge et de son foyer un bien étrange ballet se jouait dehors. Le cavalier qui avait suivi d'Artagnan avait rejoint à une demi-lieue de Saint- Dyé un bataillon d'une trentaine d'hommes, armés jusqu'au dents. Des spadassins de profession à n'en pas douter ou d'anciens soldats. Vêtus de noirs et balafrés, ils avaient connu à n'en pas douter bien des embuscades et des coups fourrés, probablement plus en acteurs qu'en victimes. . Ils se placèrent sous les ordres du nouveau venu, qu'ils appelaient avec déférence : Monsieur le Comte.

Puis la petite troupe encercla l'auberge alors que la nuit tombait. Dissimulé derrière les arbres et les bosquets. Certains étaient montés sur le toit, positionnant le canon de leur fusil sur la porte d'entrée qui donnait dans la cour. La mèche prête à allumer, ils prenaient position, prêt à attendre des heures que les convives veuillent bien sortir. L'aubergiste l'avait affirmé. Il n'y avait aucune chambre dans les communs, ils devraient donc franchir cette porte pour se rendre dans la dépendance qui servait d'hostellerie.
Et les ordres du comte étaient clairs:
- Tuez-les tous, avait-il dit, achevez-les blessés autant que de besoin mais il faudra en garder deux derniers saufs : celui qui m'envoie veut des prisonniers.

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Lun 28 Aoû 2006 - 17:02

Allons ! Il était temps de se remettre en route, ou Grégoire ne pourrait s'empêcher de se présenter et prendre part à la conversation . Un regard vers la fenêtre lui apprit que l'heure était bien plus avancée qu'il ne l'aurait cru . Hissant sur son dos son insolite et unique bagage rectangulaire et plat, tout enveloppé de feutre et de tissu, et le fixant aux attaches de sa cape, il se dirigea vers la porte et eut un instant d'hésitation . Puis il la franchit résolument .

Après tout, qu'est-ce qui l'empêchait de se diriger vers les écuries, tout comme s'il allait reprendre son cheval ? Ainsi les éventuels yeux qui se mêleraient de le suivre un instant ne pourraient se douter qu'il traversait la France à pied ... Il se maudit intérieurement : pourquoi l'opinion de ces gens lui importait-elle à ce point ? Son aîné aurait soupiré et les autres auraient ri ... Haussant les épaules, il secoua cette brève évocation et passa le seuil .

À l'instant où sa silhouette se découpa dans le chambranle de la porte, à contre-jour devant les lueurs rougeoyantes qui provenaient de la salle, il y eut du mouvement à l'extérieur, venant d'un peu tous les coins de la cour, lui sembla-t-il, sans qu'il y accorde davantage d'attention . Mais lorsque s'étant retourné, son visage éclairé par la lune montant de derrière les arbres, et ayant habitué ses prunelles à l'obscurité il tenta de la percer du regard, il ne vit personne, pas âme qui vive, pas même un laquais de ferme ou une fille de salle vaquant aux occupations d'une fin de journée bien remplie ou regagnant les communs ...

Et tandis qu'il traversait la cour, marchant lentement et ostensiblement en direction des écuries, l'air faraud, il fut plus étonné encore de n'entendre pas même les oiseaux sur le toit ou le chien devant le porche ... cela lui rappelait les places en guerre d'où toute population innocente avait été évacuée dans l'attente du conflit proprement dit . Les airs étranges de ces compagnons à l'air entendu qui n'échangeaient pourtant que si peu de paroles lui revinrent en mémoire .

''Une guerre se trame ici,'' songea-t-il, brusquement sur ses gardes et cherchant sans changer d'attitude à repérer l'origine du très bref mouvement fébrile qu'il avait perçu tantôt . ''Et ce n'est pas exactement une querelle de villages rivaux . Ce n'est pas non plus une de ces affaires de nobles personnages en froid mais toujours pleins de courtoisie : il y a quelqu'un posté sur le toit, j'en mettrais ma main au feu . Ces maudites guerres de religions peut-être . Au bûcher les dieux et leurs saints ... comment peut-on se passionner pour ces vieilles barbes-là .''

Malgré son pas irrité et ses pensées hostiles, il aurait eu peine à nier que le sang bouillonnait en ses veines ... Il prenait son regard particulier d' ''un mauvais coup en perspective'' : les autres auraient poussé un soupir résigné ... et leur aîné aurait souri .
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Lun 28 Aoû 2006 - 20:06

Aramis, profondément ancré dans ses pensées, fut surpris par l'accolade d'Artagnan, mais il la lui rendit ensuite avec un sourire.

- Ah! d'Artagnan, je suis heureux de vous revoir sain et sauf!

La vue du jeune gascon rendit quelque couleur à ses joues, mais n'enleva pas complètement l'air sombre qui hantait sa physionomie. Il détourna rapidement le regard, conscient du regard scrutateur de son compagnon.

D'Artagnan se mordit les lèvres.

- Aramis, quelque chose vous tourmente visiblement l'esprit depuis le début de ce voyage, et ne vous laisse apparemment pas une seconde de répit. De quoi s'agit-il?

Voyant que le chevalier ne sortait pas de son mutisme, il lui couvrit la main de la sienne.

- Vous connaissez notre devise, notre serment, chevalier. Tous pour un, un pour tous. Nous sommes là pour nous épauler l'un l'autre, pour nous soutenir lorsque nous traversons des épreuves.

(HJ: Je te laisse me cuisiner, ami ^^)

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Lun 28 Aoû 2006 - 22:41

D'Artagnan se mordit les lèvres. Il avait parlé trop vite.

- Pardonnez moi, ami, mais je ne saurais sonder contre votre volonté les profondeurs de votre âme. Je voulais seulement vous assurer de mon amitié et de mon soutien, autant que de besoin. Mordious ! Je meure de faim. Qu'est-ce qu'on mange Porthos ?

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Lun 28 Aoû 2006 - 23:57

Porthos ne se fit pas prier. Son sourire se fendit d'une oreille à l'autre.

- Et comment, mon cher, que nous allons manger!

Ils n'attendirent pas longtemps pour le repas, qui leur fut servit avec une célérité exemplaire. Aramis mangea peu et du bout des lèvres, toujours pensif, écoutant le joyeux Porthos rire et raconter de tout en mangeant pour deux.

Lorsqu'ils se furent restaurés, ils s'apprêtèrent à se retirer. L'aubergiste leur avait indiqué par où passer pour se rendre aux chambres. Aramis, suivit de Vaudois, se dirigèrent vers la porte et l'ouvrirent, faisant quelques pas dans la cour sombre éclairée seulement par les rayons de la lune.

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Mar 29 Aoû 2006 - 0:58

L'arrivée d'Artagnan distrait un instant Vaudois de ses préoccupations taciturnes. Athos s'était installé non loin de lui, seul également, et avait échangé quelques mots avec le lieutenant des mousquetaires. Puis ce dernier était venu taper fraternellement dans l'épaule de VAudois avec un sourire, avant d'aller rejoindre Aramis et Porthos.

Vaudois observa le fond de son verre en silence, puis l'étrange voyageur qui jeta son curieux et mince paquet sur le dos avant de sortir.
A son tour, Vaudois se leva et prit sa chaise pour s'installer devant la cheminée. Les flammes dansaient devant ses yeux. Vaudois avait toujours aimé le feu. Le regard fixé sur les langues qui dansaient et crépitaient, le jeune homme se remplongea une fois de plus dans son passé douloureux. Il avait toujours tant aimé les flammes. Sans doute parce que, comme le disait Evrard, leur condisciple au séminaire, Vaudois, avec son oeil livide ne pouvait qu'être diabolique. Et le démon vit au milieu des flammes, n'est-ce pas... ?

La machoire de Vaudois se crispa involontairement à ce souvenir et il passa une main rapide sur son pourpoint, sous lequel se cachaient ses brûlures, souvenir des expérimentation d'Evrard. Il haussa vaguement les épaules, puis, machinalement, rétablit, comme à son habitude la barrière de jais qui cachait son oeil diaphane. Judain... Enfin, Judain était à sa portée, cette fois....


Derrière lui, le groupe se restaurait. MAis Vaudois n'avait pas faim. Sa vengeance suffisait à nourrir son coeur et son corps. Il n'avait besoin de rien d'autre. Seulement d'un peu de vin pour boire à son passé bientôt enterré, et au "fils" qui l'attendait à Paris. Curieusement, la présence de John lui manquait. Cette présence à la fois grave et rieuse. Sa petite main qui se glissait dans le sienne. Décidément, VAudois avait besoin de vin, ce soir! Et cet animal d'hôte qui n'était pas là pour le servir!.
Le jeune homme explora du regard la salle. Le tarvernier n'était pas là.

Il eut une grimace et se leva. Il avait besoin de prendre l'air. De se désaltérer de la fraîcheur de la nuit. De cette nuit qui lui rappelait une nuit récente... et la chevauchée vers Auteuil, avec un fragile paquet endormi entre ses bras.

Le coeur de VAudois se serra et il se dirigea vers la porte de l'auberge.

Aramis avait peut-être été mû par le même sentiment. Il s'était levé également et s'apprétait à sortir. Leurs regards se croisèrent. Se défièrent. Et Vaudois haussa ostensiblement les épaules avec une sorte de mépris dédaigneux. Aramis s'arrêta un instant, les poings crispés. Puis sortit sans un mot.

VAudois le suivit d'un pas nonchalant, son éternel sourire railleur aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Mar 29 Aoû 2006 - 12:11

Dans la cour, Grégoire avait suivi le fil de ses réflexions, et celui-ci l'avait mené, aussi sûrement que le fil d'Ariane, à travers tout un labyrinthe de bonnes résolutions et de solutions raisonnables, jusqu'à l'accomplissement de sa belliqueuse volonté . Les tireurs embusqués ne pouvaient savoir qu'il était arrivé à pied . Ils n'étaient pas encore là . Grégoire entra résolument dans les écuries désertes de toute présence humaine, sans avoir ralenti ou paru hésiter, en s'exclamant joyeusement : ''Alors, ma belle ! Assez ruminé, on a de la route !''

Les montures des mousquetaires et autres tournèrent vers cet inconnu à l'étrange comportement un regard vide et patient . Il se glissa derrière l'une d'elles et, regardant par-dessus son large dos en prenant bien garde de demeurer dans son ombre, il commença à observer de tous ses yeux les diverses positions que pouvait occupper un malandrin désirant occire son prochain sans prendre trop de risques .

À cet instant, une ombre se découpa à nouveau devant les lueurs de l'intérieur . Quelqu'un allait sortir . Le sourd et rapide remue-ménage tout alentour se répéta . Grégoire écarquilla les yeux : mais combien étaient-ils donc, une armée ? À quoi bon alors se dissimuler de la sorte ? Avaient-ils affaire à des titans ? Il commençait à se le demander ... malgré tout, le premier qui essuierait ce feu nourri aurait quelque peine à s'en remettre . Une lâcheté sans nom, voilà ce que c'était . Il avait déjà affronté des pirates qui auraient craché sur ce style de stratagèmes .

La colère fit le reste du travail . Grégoire de La Tréaumont n'avait pas besoin d'être encouragé pour prendre part à une action qui ne le concernait en rien ... cette fois, il se sentait engagé dans le camp des mystérieux cavaliers comme si toute sa vie il avait combattu à leurs côtés, et tant pis si c'était enfin le bout du voyage ... pourvu que dans cette pénombre et la folie de la bataille, on lui accorde comme une grâce l'illusion d'être revenu un an en arrière .

Il sortit ses pistolets et les déchargea en l'air, avant de crier : ''on nous attaque à revers ! on a été trahis !!!'' de toute la force de ses poumons . Puis il se précipita dans la cour, passant de carriole en tonneaux entassés afin d'être toujours protégé par quelque chose, au cas où la fusillade se déclenche . Il voyait la porte s'ouvrir et voulait rejoindre celui qui la repoussait pour le faire rentrer à l'intérieur avant qu'il ne serve de cible aux tireurs de l'ombre ... mais il maudissait intérieurement la faiblesse de ses jambes, sachant pertinemment qu'il ne courait pas assez vite pour arriver à temps . Pourvu que son vacarme ait jeté la confusion et averti les convives ...
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Mar 29 Aoû 2006 - 14:51

Aramis et Vaudois étaient presque dehors quand ils entendirent les coups de feu tirés en l'air par le jeune inconnu. Mais ils ne le virent pas. Ils ne virent que les éclats de la poudre qui s'embrase et entendirent crier sans comprendre.

Vaudois prit Aramis par la manche et le tira vers l'intérieur de l'auberge et referma la porte dans un même mouvement. Il était temps. Une pluie de balles cribla la lourde porte de bois. Alors ils se retournèrent et ils comprirent en croisant le regard de leurs amis. Personne : il n'y avait plus qu'eux dans l'auberge. La femme qui servait avait disparu et avec elle le patron et les cuistots.

Mais déjà Porthos et d'Artagnan basculaient les tables pour s'en faire des abris contre les balles qui ne manqueraient pas bientôt de fuser par les fenêtres.
Vaudois, Athos et Aramis poussaient un énorme buffet contre la porte d'entrée de façon à la condamner tout à fait.
Les laquais rassemblaient tous les ustensiles qui pourraient se révéler utiles pour servir de projectiles ou d'armes de masse.

Les bancs furent dressés droits un peu partout dans la salle de façon à dérouter l'ennemi qui ne saurait plus où viser. Ils étaient là, ces bancs, pour ramasser les balles perdues. Une idée d'Athos. Comme d'habitude, dans les grands moments, cet homme sage sortait de sa réserve pour trouver l'Idée, la grande idée, une idée du style de la mise en scène du bastion Saint- Gervais.

Mais pour l'heure, il n'était pas temps de se complaire dans des souvenirs, et comme le jeune Grégoire l'avait pressenti, ces hommes là s'étaient compris sans parler. Il fallut une demi-minute à peine pour que tout ce dispositif soit en place. Chacun exécutant avec célérité les instructions données en quelques mots pas celui qui décidait.
- Les bancs ! Debout ! - avait dit Athos.

Et Grimaud en sergent qu'il savait être dans les grandes occasions, avait tout répercuté aux autres valets, en autant d'ordres succins que nécessaires. Edouard n'était pas suffisamment paniqué pour que l'on puisse en déduire qu'il avait compris la situation. Mais il était subjugué par Grimaud, ou plutôt, Grimaud le subjuguait…A trop vouloir bien faire, Edouard ne pensait plus. Edouard obéissait. Edouard, enfin, devenait valet.

Mousqueton prouvait une fois de plus qu'il n'avait pas volé son sobriquet. Il avait déjà préparé tous les mousquets, et la poudre, et les mèches, et déjà il les faisait passer aux maîtres, mèche allumée, fusils chargés, prêts à tirer. Bazin, malgré sa blessure aidait du mieux qu'il pouvait et Grimaud, déjà les avait rejoint. Passant entre les balles, il faisait le lièvre, c'est à dire qu'il courait de partout reprenant un mousquet déchargé pour en donner un prêt à tirer.

Car la fusillade avait commencé. Le canon calé dans la fourcine, les mousquetaires visaient et tiraient, les assaillants étaient tués roides sitôt qu'ils tentaient de passer par une des fenêtres.

Personne n'avait plus le temps de penser, si ce n'est à survivre une minute, puis encore une minute, une minute de plus. Mais cela ne semblait jamais devoir s'arrêter. Les secondes duraient des minutes. L'odeur de la poudre était si forte que l'on suffoquait et pour ne pas tousser et rater sa cible, il fallait tirer en apnée et ne tousser qu'entre deux….

Personne ne pensait plus sauf peut-être d'Artagnan. De temps en temps, il se retournait et scrutait la pièce envahie de fumée.
- Mais par où donc sont-ils sortis ?

Il en était sûr, ce chien d'aubergiste et ses gens n'étaient pas sortis par la porte du guet-apens…

(HJ: merci à ce brave Henri d'avoir bien voulu partager ses souvenirs avec moi. Maintenant, à vous, Cognac-Jay)

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Mar 29 Aoû 2006 - 21:52

La vérité est qu'ils étaient sortis tout benoîtement par la porte de service, dans l'encoignure de laquelle, au terme de sa traversée de la courette, survolé par les tirs croisés qui ( Dieu merci ? peut-être pas ... ) n'avaient cure de sa modeste personne, Grégoire s'était réfugié, un poignard dans chaque main, désespéré d'en découdre, et voyant tous les divers combattants hors de sa portée ou trop éloignés pour qu'il puisse viser correctement .

Une possibilité effleura alors son esprit échauffé . Cette porte basse donnait certes sur la campagne froide et noire et son grand air, qui ne l'intéressait guère pour l'instant ... mais aussi, cela ne faisait aucun doute, sur l'intérieur, du moins sur les cuisines, en tout cas sur un moyen de joindre les assiégés en leurs retranchements ainsi que par le biais d'un passage secret . Fermé à clef, naturellement : il ne s'agissait pas que les mousquetaires puissent l'emprunter, après tout ...

Il n'y a pas qu'une façon de se servir d'un poignard, et Grégoire eut alors l'occasion de recourir à la manière qu'il avait maîtrisée la première ... en quelques instants, il eut prouvé qu' aucune serrure ne pouvait toujours lui résister ! Les tireurs de part et d'autres ne s'étaient toujours aperçu de rien, tout à leur activité favorite, et Grégoire se glissa à l'intérieur avec la délicatesse d'un cambrioleur consommé, sans que nul n'ait prêté attention à son petit manège .

Arrivant par derrière, il surprit les mousquetaires en s'adressant à eux en ces termes :

''Messieurs, loin de moi l'idée de vous distraire, mais je vous informe que la trappe derrière le comptoir mène à l'extérieur, que j'ai deux pistolets qu'il ne me faudra qu'un instant pour recharger, et que si vous me laissez en outre quelques unes de vos propres armes à feu, vous pourrez fuir, si le terme n'est pas désobligeant, tandis que je ferai croire à ces messieurs dehors que vous êtes toujours ici en train de tirer . Je suppose qu'ils ne me tueront point une fois mon identité, qui leur est indifférente, reconnue .''
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Mer 30 Aoû 2006 - 1:33

Aramis n'avait pas fait deux pas à l'extérieur qu'il se sentit brusquement tiré par-derrière par la manche. Il était moins une. Une effroyable mousquetade se fit entendre, et l'endroit où avait été le chevalier quelques secondes auparavant fut instanément criblé de balles. Pâle de stupeur sur le coup, Aramis rougit de colère et serra les poings. Une embuscade... Il eut dû le prévoir, mais comment diantre...

On avait su qu'ils étaient sur la trace des conjurés, c’était là la seule explication plausible.

Il n'eut pas le temps d'y penser davantage. Porthos et d’Artagnan basculait les tables sur le côté pour se garantir des balles qui commençaient à fuser de partout. Aramis vit Athos et Vaudois déplacer le buffet et s’empressa de leur donner un coup de main pour barricader la porte.

Et on commença de riposter furieusement aux coups qui arrivaient de l’extérieur. Furieusement, c’était le mot. Aramis voyait rouge, et Vaudois ne devait pas voir rose non plus. C’est à peine si les deux hommes prêtaient attention à ce qui se passait autour d’eux. Ils se concentraient entièrement sur l’ennemi, sur lequel ils tiraient presque avec délectation.

''Messieurs, loin de moi l'idée de vous distraire, mais je vous informe que la trappe derrière le comptoir mène à l'extérieur, que j'ai deux pistolets qu'il ne me faudra qu'un instant pour recharger, et que si vous me laissez en outre quelques unes de vos propres armes à feu, vous pourrez fuir, si le terme n'est pas désobligeant, tandis que je ferai croire à ces messieurs dehors que vous êtes toujours ici en train de tirer . Je suppose qu'ils ne me tueront point une fois mon identité, qui leur est indifférente, reconnue .''

Aramis se retourna brièvement au son de cette voix, surpris. Mais il n’eut pas le temps de s’interroger sur l’identité de l’étranger. Les fenêtres éclatèrent soudain dans un fracassement du tonnerre, et les assaillants entrèrent par dizaines dans la place. Étouffant un juron, Aramis se retourna pour faire face à cette vague déferlante, mettant l’épée à la main. Ses compagnons, une fois les armes déchargées, firent de même de leur côté.

On se battait avec force, avec frénésie. L’atmosphère enfumée résonnait des chocs métalliques des rapières.

La mêlée devint générale. Tous les protagonistes se battaient violemment, se bousculant les uns les autres dans cet espace restraint et qui l’était encore plus en raison des meubles couchés et renversés. Les lames glissaient l’une sur l’autre, on trébuchait de partout. Bref, la scène était chaotique.

On n’avait pas même le temps de réfléchir, d’évaluer sa position. Les coups fusaient de toutes directions, tout comme les cris de douleurs de ceux qui étaient frappés ou tués.

Aramis, comme ses compagnons, se démenait, ferraillait comme trois, avec toute l’énergie de la colère. Il était dos avec Vaudois, en cet instant comme réconcilié, et ils étaient littéralement submergés sous le nombre des assaillants.

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Mer 30 Aoû 2006 - 11:45

Athos n'avait pas tourné les yeux vers le nouveau venu, lorsque celui ci était venu leur offrir la liberté. Il n'en avait pas besoin.

-Ne vous tuerons pas, vraiment, jeune homme ? Vous avez bien foi en l'humanité... Mais enfin, prenez ça. Dit il à voix haute après avoir rechargé son mousquet, et en le tendant à Grégoire.

Mais à peine le jeune homme l'avait-il saisi que les fenêtres explosèrent en un milliers d'étoiles et de grelots. Un, deux, quatre, cinq, dix, quinze, trente ! Les Vikings débarquant en Normandie, un millénaire et demi plus tôt, n'auraient pas fait pire.
Athos entendit d'Artagnan pousser un juron qui aurait tué sa mère sur le coup, et porta rapidement la main à son épée.

Non, pas le temps, eh ! A peine finissait-il de formuler la pensée de riposter dans son esprit qu'il avait été violemment tiré en arrière par le jeune homme à qui il avait donné son arme, et qu'une table se fracassait à l'endroit même où il s'était trouvé une demi seconde auparavant.

-J'ai peut être trop foi en l'humanité, mais vous, vous ne devriez pas toujurs compter sur votre bonne étoile ! Entendit-il le marin grogner sous lui, alors qu'ils étaient tous les deux tombés à terre.

Athos se releva d'un bond, pour n'entraver les mouvements ni de l'un ni de l'autre, et un éclair, il avait pris sa posture de combat habituelle en pareil cas. Rapière en dextre, dague en senestre, l'aristocrate faisait place au guerrier.

Derrière lui, leur nouveau compagnon avait adopté la même technique : une lame dans chaque main, il semblait danser entre les assassins. Une chorégraphie trop rapide à suivre pour eux, où c'étaient les poignards de Grégoire qui chantaient le plus fort.
Pour l'instant en tout cas...

Vaudois, qui avait un instant combattu dos à dos avec Aramis, s'en était rapidement écarté. Repoussant ses adversaires, il veillait à rester aussi mobile que possible, pour ne pas se laisser déborder par le nombre. Cette stratégie l'amena bientôt à se rapprocher de la cheminée, où le feu brûlait toujours, plus ardent que jamais.
Le protestant, qui n'avait que son épée en main, se baissa pour éviter un coup de taille, et avec un sourire fugace, saisit un tison enflammé et s'en servit pour parer le coup suivant. Par le fer et par le feu, il tenait à présent une demi-douzaine d'hommes en respect à lui seul.

D'Artagnan, juché sur les restes du buffet avec de Wardes, s'en donnait presque à coeur joie. C'était à celui des deux qui défairait le plus d'ennemis ( HJ : Legolas et Gimli, le retour XD ). Cette stratégie n'était pas des plus des plus adultes, mais au moins portait elles ses fruits dans le camp d'en face !

Athos venait de planter sa dague à la base du cou d'un géant presque aussi grand que Porthos, et tâcha d'observer les assaillants tout en accomplissant son oeuvre de mort. Quel était donc leur but ? Que cherchaient-ils à faire en se dispersant ainsi ?

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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Mer 30 Aoû 2006 - 12:09

''Je ne jurerais pas qu'ils ont une stratégie,'' réfléchissait Grégoire à voix haute . ''On dirait qu'ils envoient de la chair à rapière pour nous distraire tandis que le véritable plan s'effectue à notre insu .''

Il virevoltait comme un danseur un peu émeché ou un marin qui a le mal de terre, passait comme un serpent sous les pieds des meubles renversés et les lames cinglantes qui croyaient le clouer comme un papillon . Son absence de style le servait, jouant comme un effet de surprise qui aurait eu des pointes acérées dans chaque main . De même ses adversaires se laissaient visiblement surprendre par sa façon de lancer ces épées minuscules auxquelles il aurait pourtant dû se cramponner avec l'énergie du désespoir . Quelques yeux dans l'assistance en eurent à pâtir .

''Au fait,'' se rappela-t-il brusquement après avoir arrêté un projectile de plomb, ce qui le rendait toujours un peu plus sérieux, ''La Tréaumont, pour vous servir . Ne vous offusquez pas mais j'ai surpris vos noms tandis que vous parliez .''

Un souci le frappa et il se mordit la lèvre . Les projectiles d'acier, eux, ne parvenaient toujours pas à l'atteindre ; ce n'était pas le moment de rêver, mais l'affaire était grave ... Son tableautin était resté près des chevaux .

''I was wondering if we could make it back to the horses by walking on the roofs'', lança-t-il à la cantonade, songeant que ces gentilshommes pouvaient le comprendre à peu près, mais non des bandits recrutés dans les bois voisins pour faire le sale boulot ... ''There should be a hole somewhere in the ceiling, if my experience of farms like this one doesn't lie ... Porthos, is it the name ? could open it without a ladder I think ...''

Enfin, c'était approximatif mais malgré ce nom, ''de Wardes'', il était à peu près sûr que l'anglais n'était la langue maternelle de personne ici ...


Dernière édition par le Mer 30 Aoû 2006 - 12:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Mer 30 Aoû 2006 - 12:11

Vaudois avait tiré violemment Aramis en arrière, pour lui éviter le fâcheux désagrément de finir sans gloire sous un tir nourri.

A présent retranché derrière une table érigée en guise de rempart, il versait sa poudre et rechargeait son pistolet avec célérité quand une voix le fit sursauter.

''Messieurs, loin de moi l'idée de vous distraire, mais je vous informe que la trappe derrière le comptoir mène à l'extérieur, que j'ai deux pistolets qu'il ne me faudra qu'un instant pour recharger, et que si vous me laissez en outre quelques unes de vos propres armes à feu, vous pourrez fuir, si le terme n'est pas désobligeant, tandis que je ferai croire à ces messieurs dehors que vous êtes toujours ici en train de tirer . Je suppose qu'ils ne me tueront point une fois mon identité, qui leur est indifférente, reconnue .''

VAudois releva la tête vers le nouveau venu et reconnut l'étrange silhouette attablée qu'il observait encore quelques instants plus tôt. Il eut un grognement pour toute réponse, et dévisagea un instant ce sauveur providentiel, à qui Aramis et lui devaient sans aucun doute la vie.Le regard de Vaudois était froid et son visage figé. Il haussa les épaules dans un nouveau grognement de mauvaise humeur et tendit son arme chargée à Grégoire, se saisissant de son second pistolet de l'autre main. Un sourire amusé vint fugacement affleurer sur ses lèvres et VAudois retourna à ses préoccupations belliqueuses, non sans noter que, dans un même mouvement, sans détourner le regard de ses ennemis, Athos avait également tendu un mousquet.

La vitre vola en éclats et chacun se trouva engagé dans une lutte d'homme à homme et non plus d'homme à ombre. Un instant, le combat rapprocha Vaudois d'Aramis. Mais très vite sa présence dans son dos le géna. Il se battait comme il avait toujours vécu: seul, et sans personne pour l'entraver dans ses mouvements... Il se replia bien vite vers la cheminée, et s'empara du tisonnier rougi par les flammes. Un sourire féroce vint orner ses lèvres : il venait des flammes et il combattait avec les flammes.

Son assaillant n'eut pas le temps de s'effrayer de son sourire diabolique et s'effondra en hurlant sous la morsure de l'intense brulûre à son visage.

A présent déchaîné, VAudois s'enivrait du combat, les narines dilatées, comme un agréable prélude à sa future rencontre....

A proximité immédiate du protestant, leur allié inconnu virevoltait avec une grâce qui n'était pas sans rappeler les plus habiles danseurs, avec toutefois une sorte de gène voilée. Son style peu académique en faisait un adversaire redoutable. La Tréaumont.... un nom qui ne disait rien à Vaudois. Mais peu importait ! Ponctuellement, il était leur allié. Et l'avenir déciderait du reste.

Soudain, La Tréaumont se mit à parler en anglais... Peste, le jeune homme avait la langue qui le démangeait déjà, semblait-il, dans les combats, mais ce qu'il disait était des plus intérressants !! Vaudois rencontra l'oeil perplexe de Porthos, qui, manifestement ne comprenait. Il lui fit un signe de tête rapide.

-Inutile donc de vous donner nos noms, mais décidément, Monsieur de La Tréaumont, vous êtes d'une aide précieuse, dit-il goguenard, pour indiquer au jeune acrobate que ses propos avaient bien été compris.
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D'Artagnan
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MessageSujet: Re: Guet-Apens   Mer 30 Aoû 2006 - 15:00

Athos avait compris, lui, et tout en se battant, échangea un regard entendu avec Vaudois.

- J'espère que vous êtes sûr de votre coup, jeune homme !

Et puis, même s'ils parvenaient aux écuries, il leur fallait des chevaux tous prêt pour réussir à fuir. Et les seuls chevaux répondant à ce signalement étaient ceux des assaillants. Encore fallait-il pouvoir mettre la main dessus !

-Qui a-t-il Athos ? –demanda d'Artagnan qui, à par "Goddam", ne parlait pas un mot d'anglais.

Athos leva les yeux au ciel en indiquant le toit.

- Qué ? Avem un goutèro au téyt ?

Athos allait répondre quand une clameur se fit entendre au dehors. Des hordes d'agresseurs surgissaient encore. Une véritable armée montait à l'abordage. On eût dit que toute l'armée de Gaston prenait l'auberge d'assaut.

- On se replie !-hurla d'Artagnan en frappant et en rompant. Tout le monde dehors ! Mordious ! Sauvez votre peau où ne vous laissez pas prendre vivant !

- Sus à leurs chevaux hurla de Wardes qui lui, connaissait assez bien l'anglais, mais préférait suivre son propre plan. Et son plan ne prévoyait pas qu'il laisse sa peau.

Les laquais avaient dégagé l'entrée de service et commençaient à sortir. Porthos, de Wardes, d'Artagnan et le jeune de la Tréaumont aux côtés d'Athos reculaient peu à peu vers la sortie. Aramis et Vaudois, abrités derrière les deux derniers bancs encore debout vidaient sur les assaillants le restant d'armes encore chargées laissées par les laquais. Voulaient-ils ne rien laisser perdre des munitions, protéger la fuite des premiers sortis ou s'enivraient -ils du plaisir de tuer ? A en juger par la flamme ardente qui transfigurait leur regard alors qu'ils distribuaient la mort, d'Artagnan aurait penché pour cette dernière raison. "Tuer les tous, Dieu reconnaîtra les siens". Et Dieu, ce soir là, avait du travail, un long, long travail administratif de tri…Car le sol de l'auberge était jonché de cadavres et les survivants pataugeaient dans le sang. L'odeur, l'odeur de la guerre…

- Dépêchez-vous, supplia d'Artagnan alors qu'il poussait dehors, de force, le jeune héros Grégoire. Lui et Athos étaient les derniers. Ils ne restaient que Vaudois et Aramis qui ajustaient leur ultime tir…

(HJ : Ca c'est du guerrier de chez guerrier ! mais je n'aime pas beaucoup la fin de ce genre de film ! *fuit lâchement*)

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