Forum Trois Mousquetaires

Une suite inédite aux aventures de nos quatres compagnons légendaires!
 
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 Une cellule obscure...

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Vaudois

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MessageSujet: Une cellule obscure...   Ven 1 Sep 2006 - 7:08

( HRP: puisque tout le monde est évanoui, je prends sur moi de nous faire arriver à Chaumont plus vite, impatient à l'idée de la suite... Je lègue à Athos le soin de faire le lien RPique entre la route et le cachot, puisque c'est le seul en état de le faire, dans la mesure où Aramis et moi sommes de petites natures Laughing j'espère juste que je ne fais pas de bétise..Rolling Eyes De plus, mon titre de topic est vraiment nazebrock, donc n'hésitez pas à le changer Embarassed Wink )

Lorsque Vaudois reprit connaissance, il était étendu en ixe sur une croix de saint André , pieds et poings liés. Sa blessure le faisait atrocement souffir. Avant que ses pensées ne revinssent clairement à son esprit, il fut pris de nausées, mais son corps se refusa à vomir. Les yeux sans vie, sa tête roula pour observer le décor. Un cachot humide et noir... Une odeur étouffante de pourriture à laquelle se mêlait celle de son sang... Il avait la tête lourde et l'esprit encore endolori. Il ferma les yeux.

Il y eut un frémissement dans les ténèbres et VAudois ouvrit les yeux pour les tourner du côté du bruissement. Dans l'obscurité, il devina la forme d'un rat de belle taille. Le protestant observa longuement son sordide compagnon de cellule. Avec un amusement mélé d'un dégoût las.

Combien de temps se passa ainsi, sans un bruit, dans ces ténèbres putrides ? Il ne le saurait sans doute jamais. Mais l'attente lui semblait interminable... Qu'attendait-on donc de lui ? Qu'étaient devenus ses compagnons d'infortune, Aramis et Athos ? Athos, figé dans une attitude droite et digne, sur son cheval...
VAudois gémit faiblement en sentant le sang couler le long de son corps. Une nouvelle nausée impuissante le submergea comme une vague.

Cent fois déjà, il avait tenté d'user de ses forces pour se dégager de l'étau qui le maintenait prisonnier. Mais cent fois déjà, il aviat dû renoncer, et admettre qu'il était bel et bien à leur merci. Les fers rentrant dans sa chair et meurtrissant ses poignets et ses chevilles jusqu'au sang ne le lui signifiaient que trop clairement. C'était pitoyable !!

Enfin, le judas de la porte glissa, découpant une tâche intensément lumineuse dans l'obscurité. Si lumineuse que les yeux de VAudois, trop habitués à la pénombre de son cachot, se plissèrent sous l'effort qu'il faisait pour fixer la trappe brillante. Il laissa enfin retomber la tête, épuisé par la lutte.


Dernière édition par le Ven 1 Sep 2006 - 19:42, édité 2 fois
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Athos
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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Ven 1 Sep 2006 - 13:39

( HJ : Merci de ta confiance, ô Vaudois, je vais essayer de ne pas me planter ^^ )

Athos avait encaissé le coup sans broncher, traitant la douleur et la bêtise humaine par le mépris, puisqu'il ne pouvait faire disparaître ni l'une, ni l'autre. Il vit successivement s'évanouir de nouveau Vaudois et Aramis, victimes de la faiblesse de corps causée par la perte de sang.

On galopa ainsi pendant quelques heures. Les mercenaires semblaient éviter les grandes routes autant que possibles, coupant à travers bois et forêts, se divisant souvent en groupes plus petits et se rejoignant ensuite. Athos ne prêtait pas beaucoup d'attention à leurs manoeuvres, plus préoccupé qu'il était à réfléchir à leurs intentions. Pourquoi cet enlèvement ? Pourquoi cette violence, doublée d'une volonté apparente de les garder en vie ? Le comte n'en savait rien.

Ils arrivèrent bientôt en vue d'un château relativement imposant, à l'aura médiévale mais aux fortifications récentes... Les cavaliers stoppèrent, sans rentrer dans la cour. Pas de sous-fifres dans l'ombre du Seigneur... Leur véritable ravisseur n'allait sans doute pas tarder à se montrer. Athos se sentit happé aux épaules et aux jambes, et jeté à bas de sa monture.

-Ne le détachez pas tout de suite, celui là... Gronda de nouveau la voix du cavalier noir, en parlant du mousquetaire. C'est le seul à ne pas être blessé, et je le sens prêt à mordre encore...

Athos serra les dents, et se dégagea des mains ennemies. Se remettant debout seul, il se redressa, et chercha des yeux Vaudois et Aramis. On leur avait tranché leurs liens, et on s'apprêtait apparemment à les traîner quelque part, lorsque...

-Holà, jinetes ! Tienen los agradables ?

Athos, clignant des yeux pour chasser le sang coagulé et l'empêcher de souder ses paupières, se tourna vers la voix de femme qui venait de parler ainsi. Il se tenait toujours droit, malgré les crampes terribles qui lui donnaient l'impression que chacun de ses os se tordait dans le sens opposé à celui que lui avait assigné la nature. Il vit la nouvelle venue s'approcher d'eux. Elle était vêtue d'un haut de chausses rayé, de bottes qui paraissaient trop grandes pour ses pieds menus, et d'une chemise... grande ouverte sur sa poitrine nue ! Ses longs cheveux noirs tombaient, hirsutes mais propres, dans son dos et sur ses épaules. On aurait dit une amérindienne du Nouveau Monde qui aurait tué un pirate par jeu et se serait paré de ses vêtements en guise de trophée de victoire.
Athos ne bougea pas.

-Doña de La Cruz, s'inclina le cavalier noir devant elle, ce sont les prisonniers que vous aviez demandé, vous et...

Vous ? Doña de La Cruz ? Visiblement, la sauvageonne était haut placée dans la hierarchie de la société, et était une de ceux qui les avait fait capturer... Athos la vit aller inspecter Aramis et Vaudois. Elle se penchait sur eux, saisissait leurs têtes entre ses mains, les examinait de tout côté, et s'exclamait de temps en temps :

-Oh, such pretty men !! Santa Puta ! as my damned uncle say... Eh, monsieur en noir ? Je les veux intacts pour moi, ceux là.

Visiblement, la jeune espagnole ne semblait pas avoir de problèmes avec les langues étrangères... Ni avec la langue tout court. Elle s'était redressée et avancée vers Athos. Son visage, à quelques pouces de celui du comte, tomba dans un rayon de lune. Athos fronça les sourcils. Déguenillée, sans fard ni coiffure, cette femme là, à la lumière sans mensonges du ciel, semblait plus belle encore que Milady...

-Oh, Mosquetero del rey ? Sussura t'elle en passant un doigt mutin sur la croix fleur de lysée qui ornait la casaque d'Athos. Hmmm, toi, contrairement à tes deux amis, tu n'as pas l'air d'un enfant... Es-tu si vieux que cela, beau mousquetaire ? Ou alors est-ce juste...

Elle se pencha vers lui, lui replaça une mèche de cheveux derrière l'oreille pour pouvoir lui souffler, en effleurant son lobe des lèvres :

-Ou bien est-ce juste parce que toi, tu sais ce dont les femmes comme moi sont capables ?

Athos la regardait dans les yeux.

-Que nous voulez-vous ? Demanda t-il.

Alejandra lui embrassa le bout du nez, juste avant de le souffleter sèchement et de ricanner :

-Moi ? Rien... Mais cela ne m'empêchera pas d'en profiter, beau brun !

Elle renvoya ensuite les mercenaires, siffla ses propres gardes, et tandis qu'on l'emmenait loin de ses compagnons, toujours sans connaissance, Athos se mordit la lèvre.

Une lourdeur, au fond de son coeur, lui disait clairement qu'ils n'en ressortiraient pas vivants...

On les enferma chacun dans une cellule différente. Athos ne savait pas où étaient Aramis et Vaudois, et pour oublier son corps douloureux, s'efforçait de ne penser qu'à eux. On lui avait ôté son uniforme, sa chemise et son justaucorps, et on l'avait lié, torse nu, bras et jambes écartés, dans un cachot sombre, puant en humide.

Et maintenant ?

L'obscurité. C'était tout.

Athos ferma les yeux. Oui, il n'était plus un enfant. Mais cela ne l'empêchait pas d'avoir encore un peu peur du noir...

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"I was about to say," said the boy, still looking at Athos,"that
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( ~Henry Bedford-Jones )

~Olivier, Comte de La Fère
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Vaudois

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Ven 1 Sep 2006 - 20:52

Trois hommes entrèrent dans le cachot. L'un des hommes se plaça au niveau du visage de Vaudois et fit signe aux deux autres de détacher ses liens. Puis, il poussa le corps sans force du protestant. Vaudois tomba à terre, et fit un effort pour se redresser péniblement sur son coude. Les trois hommes rirent de le voir si misérable, rampant à leurs pieds.

-Allons, debout, dit l'un des gardes en envoyant un violent coup de pied dans les côtes de la larve qui se trainait devant lui.

Vaudois laissa s'échapper un hurlement de douleur. La blessure saignait abondamment à présent, et le goût du sang monta à sa gorge. Il dut tousser pour parvenir à reprendre sa respiration.
- Debout, répéta le garde, tandis que ses deux compagnons se penchaient sur Vaudois pour le saisir par les aisselles afin de le remettre debout de force. Les trois hommes le traînèrent dans les couloirs sombres, sans ménagement. Vaudois tentait de se dégager mais ses gardes le serraient de trop près pour lui permettre d'échapper.
-Laissez moi au moins marcher seul, grinça-t-il, je ne vous retarderai pas, ajouta-t-il d'un ton mordant.
Mais la douleur le saisit et il tituba.

-Tssss, tu vois bien que tu en es incapable!
Vaudois se redressa, comme un défi. Mais le garde qui le tenait par le bras gauche lui asséna un nouveau coup dans le ventre. Leur victime s'effondra sur les genoux, crachant du sang.
-Tu vois bien que tu n'arrives pas à marcher, pourtant, ricana le soldat, cynique.

Ils ramassèrent le corps prostré au sol, qui crachait du sang, et le trainèrent avant de le pousser violement dans une salle basse. Vaudois trébucha dans les marches et tomba sur les dalles noires de la salle.

-Vaudois !! Cria une voix que le jeune homme reconnut pour celle d'Athos.
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Aramis
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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Sam 2 Sep 2006 - 3:55

Lorsqu'Aramis reprit péniblement conscience, il ne savait combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait perdu contact avec la réalité. Il était étendu ou plutôt jeté sur un sol glacé et humide, dans une pièce obscure, sans fenêtre. Et tout autour, il percevait des mouvements rapides et des couinements, qu'il identifia comme étant des cris de rats... Il sentit un frisson de dégoût lui parcourir les entrailles à cette constatation.

Il roula douloureusement sur le côté, ses bras et ses jambes comme traversées de milles aiguilles de feu, causées par le sang qui circulait à nouveau, lilbéré de ces liens épouvantables. Il ressentait des élancements aux deux blessures, sans compter qu'il lui semblait que sa tête allait exploser.

Il réussit néanmoins, au prix d'efforts inouïs, à s'asseoir en s'appuyant sur la muraille de pierre nue. On avait entravé ses jambes de lourdes chaînes rouillées et scellées au mur...

Aramis examina du bout des doigts ses plaies en réprimant une grimace de douleur. Celle de son bras droit était la plus préoccupante, car la balle de mousquet y était demeurée. Il faudrait l'extraire rapidement, sinon la fièvre risquerait de s'y installer rapidement...

Adossé à la muraille, le chevalier tentait de faire le point sur la position dans laquelles ils se trouvaient, lui et ses deux compagnons. À supposé que ceux-ci soient toujours en vie... L'idée que ces amis eussent été tués faisait débattre le coeur d'Aramis avec anxiété et colère, et il se jurait en son coeur de les venger amèrement.

Un bruit de pas retentit soudain non loin, lui faisant relever la tête. On tourna une clef dans une serrure, et la porte de la pièce sombre s'ouvrit, laissant entrer une lumière aveuglante après cette obscurité. Aramis cligna des yeux, ébloui un moment, mais il avait eu le temps de reconnaître les trois hommes qui se trouvaient devant lui. Le mépris s'afficha à nouveau sur les traits du chevalier, tandis qu'ils s'approchaient et que l'un d'entre eux ôtait les chaînes de ses chevilles.

Aramis comprit qu'on l'emmenait quelque part, et il se releva lentement, luttant de toute son âme pour conserver une physionomie impassible. Les hommes ricanèrent d'un air mauvais et le poussèrent sans ménagement à travers la porte, manquant de le faire trébucher. Quelque part non dans un autre couloir, un cri de douleur retentit soudain, qui envoya comme un décharge au coeur d'Aramis. Vaudois!

Une légère pointe de soulagement vint au coeur du chevalier, à ce cri douloureux. Ses compagnons semblaient toujours vivants. Cette constatation lui rendit un peu de forces, et c'est d'un pas droit et presque assuré qu'Aramis marcha tandis que ses capteurs l'emmenaient. On le fit entrer, ou plutôt on le propulsa dans une pièce au plafond bas, et la première chose que le chevalier vit à l'intérieur fut Vaudois, qui était affalé à même le sol, peinant visiblement à respirer. Un filet de sang coulait à la commissure de ses lèvres si pâles qu'on les eut dit blanches.

- Vaudois!

Aramis se précipita vers son compagnon et glissa son bras gauche sous celui du protestant, s'ingéniant à l'aider à se relever le plus doucement qu'il put. Il entendit un rire de gorge provenant du fond de la pièce. Il releva la tête, rencontrant le regard du rieur, et il sentit ses poils se dresser sous l'horreur et le mépris que lui inspirait l'homme qui les considérait d'un oeil goguenard, nonchalamment appuyé sur la muraille.

- D'Herblay, d'Herblay... Vous n'avez décidément pas changé. Toujours à la rescousse de cette loque, ce maudit paria du genre humain...

- Judain...

Judain, car c'était bien lui, s'avança alors avec lenteur vers les deux hommes, un sourire cruel sur les lèvres.

Au même moment, tandis que Judain et Aramis se dévisageaient mutuellement d'un air hostile, la porte s'ouvrit à nouveau et Athos entra, poussé lui aussi par leurs assaillants.

Sitôt qu'il les vit, le comte rejoignit ses deux compagnons, et aida Aramis à relever Vaudois sur ses pieds.

(HJ: Une entrée de nos deux autres méchants, là, ce ne serait pas une mauvaise idée, hmn?)

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Ondoyant comme le fleuve sinueux...
Et tout aussi fougueux...

René Aramis,
Chevalier d'Herblay
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Mendoza de la Cruz

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Dim 3 Sep 2006 - 3:09

- Puès, tenemos tres hombres, y dijì dos ! Bastante !

- Pero, Señor Mendoza, este hombre ya es muerto !

- Sì. Este povrecito juego me parece muy…rojo. Ha ! ha ! ha ! Qué no olvide preguntarlos. Quiero responsas, entienden ustedes todos ? Responsas !

L’homme qui venait de parler ainsi se tenait à l’entrée de la porte. Il était tout de noir vêtu, et portait moustache fine et bouc à la mode des gentilshommes. Il avait la peau mâte, un sourire inquiétant et un regard de braise, sans que l’on eut pu savoir si cette lueur était nourrie par la colère ou par la cruauté. Il s’adressa d’abord à Judain, puis à d’autres hommes qui s’étaient positionnés derrière lui, dans son sillage. Il jeta ensuite un regard presque moqueur sur ces prisonniers exsangues, s’attarda sur Athos qui soutient calmement son regard.

- Monsieur, vous pouvez encore vous éviter bien des désagréments ainsi qu’à vos amis en me confiant ce qui vous a amené à Blois. Pourquoi ? Qui ? Qui vous envoie ?

Mais Athos restait obstinément muet. Aramis serrait les dents, terrassé par la douleur, mais ses sourcils froncés en disaient long sur sa détermination. Quant à Vaudois, il était si mal en point que même Mendoza hocha la tête, comme une condamnation.

- A votre convenance, Messieurs.

Puis se tournant vers les bourreaux :

- Faites votre office et prévenez-moi aussitôt que l’un d’entre eux aura parlé. Je vais enfin savoir si je vous paie à quelque chose !

Mendoza de la Cruz se souvenait qu’il avait un rendez-vous d’une autre nature. Il quitta la cave et remonta vers les appartements ou ses gens avaient dressé une table magnifique. Il vit qu’il lui restait encore un court moment avant que la duchesse n’arrive, sourit de la pensée légère qui venait de l’effleurer et monta se changer de chemise. L’ancienne sentait par trop la sueur et le cachot.
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Vaudois

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Dim 3 Sep 2006 - 14:01

VAudois avait senti le bras d'Aramis se glisser sous le sien. Puis un autre bras puisasnt et ferme, qu'il devina être celui d'Athos. Et deux voix... Une voix détachée, impérieuse, souveraine, qui venait de les condamner, tous les trois. Et l'autre voix... Cette voix qu'il reconnaitrait toujours entre toutes. Une voix qui le hantait dans ses cauchemars. Une voix qui le poursuivait dans ses veilles.

La colère monta en lui, dévastant tout sur son passage, lui faisant oublier la douleur insoutenable et le sang qui s'échappait de sa blessure. Le souvenir de sa haine lui rendit des forces. Et la haine qu'il éprouvait pour Aramis et Athos de venir le soutenir... Sa fierté et son invicible orgueil revinrent en lui comme un coup de poignard, et, tel une bête blessée, il se dégagea avec une brutalité féroce de ces mains qui le soutenaient en foudroyant ses deux compagnons d'un regard chargé d'une colère concentrée et haineuse. Il fit alors quelques pas trébuchants, mais seul.

On se précipita vers eux pour les enchainer de nouveau. Leurs mains étaient maintenues dans de lourds anneaux scellées aux murs poisseux et humides. Vaudois avait retrouvé, malgré sa pâleur et sa faiblesse, son air sauvage et ricanant. La vue de Judain suffisait seule à le soutenir. Il jetta un coup d'oeil à ses compagnons. Aramis était blême, et malgré l'impassibilité qu'il se forçait de jouer, le protestant sentit sa rage et sa détermination à mourir les lèvres closes. Athos, lui, gardait le visage fermé. Comme indifférent à l'idée de la mort. Seul, son regard brillant allait d'Aramis à VAudois, puis de Vaudois à Aramis. Il ne disait rien, mais ce noble courage et ce regard insondable contenaient une force incroyable, qu'il transmettait sans bruit à ses deux amis. Lorsqu'on le poussa devant Vaudois enchaîné à la muraille, pour l'enchaîner à son tour, il tourna simplement la tête à son passage, et lui lança un regard sublime. Un regard qui en disait long. Le coeur de Vaudois vibra avec désespoir, à un endroit qui lui était encore inconnu, à un endroit qui n'avait jamais vribrer juqsu'à présent dans cette âme de brûlé vif. Et le regard que Vaudois lui renvoya à son tour fut un aveu. Comme une déclaration...

Frére Judain s'approcha avec des mouvements de vipère de ses trois proies. Il vint vers Aramis, dont il prit le visage entre ses doigts.

-D'Herbaly, comme on se retrouve ! Vous n'avez donc pas perdu ces stupides vélléités de secourir les misérables, comme avant ? Mais dans mon souvenir, autrefois, vous n'osiez guère vous opposer, n'est-ce pas! J'espère que vous n'aurez pas changé ces bonnes dipositions, jeune homme ! Oh, et à propos, mes salutations au Père Théophile, dès que vous le verrez, ricana-t-il.
Frère Judain s'approcha ensuite d'Athos. Mais soit qu'il fût impressionné par la force d'âme du mousquetaire, soit qu ce visage inconnu le laissât preplexe, il se contenta de le dévisager longuement avec un sourire cruel, avant de s'approcher de Vaudois.

Le religieux se planta devant le jeune homme, avec un large sourire de cruauté bientôt satisfaite. Puis tira les cheveux de jais en arrière, avec brutalité, afin de dégager le visage de Vaudois.
-Tiens donc, tu caches tes yeux de souffre, maudit bâtard, à présent ? Aurais-tu donc honte ? gloussa-t-il avec une joie cruelle.
Un sourire naquit sur les lèvres de sa victime qui lui cracha au visage, puis le protestant détourna le visage pour ne plus avoir à supporter la vue de cet être abjecte.
Coontre toute attente, Frère Judain eut un ricanement... Un ricanement visqueux.
-Eh bien, maudit batard, baisse tes yeux imlmondse devant moi.


Les bras écartelés par les fers qui l'immobilisait en meurtrissant sa chair, Vaudois releva crânement la tête et fixa avec un mépris et une haine ostensibles son bourreau. Ses lèvres s'étiraient dans un insolent sourire de victoire.
Plus que tout, ce sourire exaspéra le torionnaire.
-Détourne les yeux! Détourne les yeux!!!!!

Les coups pleuvaient sur ce visage cynique qui s'obstinait à se redresser et sur lequel le sourire s'étalait, indécent, de plus en plus large, de plus en plus insultant pour le bourreau. Judain voulait briser Vaudois et pourtant, il se sentait humilié par ce sourire railleur qui grimaçait devant lui sous la souffrance.
-Détourne les yeux, chien maudit! hurlait-il au paroxysme de la rage.

Et toujours ce sourire arrogant et victorieux.

Judain s'empara du fer chauffé à blanc.
-Je te forcerai bien à détourner les yex, sâle batard!

Les mèches de jais collaient au front sanglant, et, à travers, brillait le feu ardent d'un oeil de nuit et d'un oeil de lumière.
-Chien! Eructa Judain. Tu ne pourras plus poser ton regard impur sur moi, désormais!!!!

Les muscles de Vaudois se tendirent à l'extrême, à s'en écarteler, et son corps s'arqua sous la douleur. Le jeune homme eut du mal à retenir le hurlement qui souleva sa poitrine. Il y eut un grésillement sourd, et une odeur étouffante de chair grillée. Le prisonnier eut un spasme et ne se maintint debout que par les seules chaînes qui le gardaient captif. Le souffle court, Vaudois releva son orbite sanglante et brûlée sur le religeiux. Son rictus n'avait plus rien d'un sourire, mais ressemblait à une grimace de souffrance. Pourtant Judain mesura toute ce qu'il y avait de provocation haineuse dans l'écalt du seul oeil restant du protestant.
-Au moins ainsi, tu n'auras plus besoin de cacher cet oeil du diable, gloussa-t-il, afin de se donner le sentiment de triompher.
MAis rien ne semblait venir à bout de cette grimace sur le visage tuméfié et ensanglanté de sa victime.

DE fureur, l'homme le roua de coups.

Le coeur de VAudois se leva sous les sévices répétés, et il eut le sentiment que son ventre allait se vider. Son corps le faisait tant souffrir, à chaque respiration! Sans doute devait-il avoir les côtes brisées. Et sa blessure qui se remettait saigner, l'épuisant un peu plus, le laissant exsangue. Vaudois renversa sa tête en arrière, pour tenter d'inspirer.
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Athos
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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Dim 3 Sep 2006 - 15:04

Athos avait gardé le regard fixé droit devant lui à l'arrivée de ce Judain, et n'avait même pas daigné le suivre des yeux lorsque celui ci s'était approché de lui. Cela n'était ni du mépris, ni de la provocation. Athos avait simplement bien trop à faire avec ce qui se passait dans sa tête et dans son coeur pour se préoccuper de celui qui dans quelques instants, deviendrait leur bourreau.

Sa tête était envahie par les questionnements, les reflexions inutiles, les tentatives de raisonnements, de plans échaffaudés à mille lieue de toute oasis de raison dans ce désert de désespoir où ils se trouvaient tous les trois. Parler ou mourir ? Non, parler et mourir. Alors autant mourir sans leur donner la satisfaction d'avoir parlé, non ? Athos ne savait pas, Athos ne savait plus. Il n'avait pas peur de la mort, il avait peur de son impuissance face à ce qui se passeraitr ensuite. Athos avait de la force en lui, oh oui, beaucoup de force... Mais en aurait-il assez pour supporter tout ce qu'il pressentait devoir arriver ?

Et ses deux amis.... frères d'armes, avaient-ils été jusqu'à présent. Ils avaient souffert ensemble, oh oui ! Mais au sortir de ces souffrances là, qu'ils apprêtaient à éprouver, Athos sentait qu'ils ne se reconnaîtrait même plus entre eux, même plus eux mêmes. Cette épreuve là, loin de renforcer leurs liens, les briseraient... Non, non ! Athos ne voulait pas. Il laissait passer beaucoup de choses, en ce qui le concernait, ou du moins, il ne se révoltait pas face à ce qui aurait dû. Mais là, là... Admettre que la dernière chose qui rendait ce monde encore un peu lumineux allait disparaître à cause de leurs propres souffrances...

Athos croisa le regard de Vaudois. Deux inconnus - qu'étaient-ils l'un pour l'autre, sinon des inconnus ?- ne firent jamais connaissance si rapidement que ces deux là, par l'intermédiaire de ce seul regard. Athos lu dans les yeux vairons de Vaudois, sinon tout, mais il y lu la beauté. La profondeur et la simplicité, la souffrance et l'indifférence, l'amour et la haine, l'incertitude et la connaissance, la peur et le courage, la vie malgré la mort, la mort malgré la vie, et la lumière, toujours, toujours, la lumière. Qu'on ne vienne pas lui dire que Vaudois avait un oeil de ténèbres et un oeil de lumière. Vaudois avait des yeux magiques, des yeux qui brillaient. De la nuance la plus sombre, telle que la haine à l'état brut, à la plus scintillante, telle que l'amour et l'affection, dans ces yeux là dansaient toutes les couleurs qui faisaient la palette du monde.

Et tellement plus encore...

Athos en serait mort sur place. Foudroyé, comme l'homme qui vient de comprendre la vie. Mais Athos ne mourru pas. Bien vivant, bien conscient, malheureusement, il vit Judain s'approcher du protestant.

Autant Vaudois venait de se révéler à ses yeux comme une allégorie de l'Humanité, autant Judain lui apparut comme la négation de tout ce qui était beau dans l'univers, comme l'incarnation de tout ce que Satan avait semé sur terre, et que les hommes se plaisaient à cultiver dans le secret de coeurs tels que celui de Judain.

Tout ce que Vaudois ne cria pas de souffrance roula en perles salées le long des joues d'Athos, sans qu'il s'en rende compte lui même. Un ange qui souffrait, à qui l'on venait d'arracher un oeil, à qui l'on venait de murer l'une de ses fenêtres sur le monde. Un ange qui pleurait, un ange qui aurait voulu être un démon pour avoir la force de tuer en cet instant.

Et maintenant ?

La mort.

L'amore...

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Vaudois

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Dim 3 Sep 2006 - 15:27

-Allons, mon frère, nest-ce pas bien peu charitable ce que vous faites là?

La voix était féminine, avec un accent d'ironie à peine déguisé. Elle sortait de l'ombre du cachot. Pourtant, il n'y avait aucune compassion dans cette voix. Plutôt un éclat enjoué.
L'inconnue pénétra dans le cercle lumineux que projetait le brasier. Elle était belle, elle était magnifique. Vaudois l'admira, contempla ses mouvements lents, le doux balancement de ses hanches....
L'oeil restant du jeune homme la dévorait. Elle semblait un éclat de douceur dans l'horreur de cette journée de tortures. Pourtant, à mesure qu'elle s'avançait, VAudois était pris d'un frissonnement. Son sourire railleur, son détachement... Non... cette femme ensorcelante avait plutôt l'allure d'un félin jouant avec sa proie.
Le jeune homme retint un gémissement et laissa sa tête retomber sur sa poitrine. Le sang qui coulait de ses tempes blessées vint aveugler l'unique oeil du jeune homme.


Elle vint à lui avec des mouvements ensorcelants, comme un serpent fascine sa proie, et saisit ses cheveux sans douceur, le forcant à relever le visage. Ses yeux plongèrent dans le seul oeil de VAudois, mesurant toute la profondeur des ténèbres qui s'y tapissaient. Elle eut une expression de collectionneur attentif.

-Allons, pauvre beau jeune homme, dit-elle en riant, avant de carresser le visage de VAudois de sa main restée libre.
Elle lui tendit un récipient plein d'eau.

L'oeil de Vaudois, à moitié aveuglé par le sang, restait fixé sur l'apparition... S'agissait-il d'une nouvelle torture ?!
- Bois, dit-elle doucement, en rapprochant le récipient de ses lèvres.

Vaudois but avidemment. La soif lui tenaillait les entrailles ! L'eau ruisselait sur sa bouche. L'eau.. ?! Le liquide au goût amer le brûla de l'intérieur, comme un feu dévorant.

-Sorcière, que m'as-tu fait, hurla-t-il en tirant avec violence sur ses chaînes.

Elle éclata de rire, ensorcelante comme la nuit, avant de laisser ses doigts errer sur le corps de Vaudois, souligant chacune des cicatrices, récentes ou anciennes, appuyant un peu plus fort sur la blessure, avec un sourire de fin connaisseur. VAudois eut un faible gémissement et frissonna au contact de cette main froide comme du marbre.


Le désir montait en lui, au creux de ses reins, avec une violence sauvage et brutale, jusqu'à la souffrance. Avec horreur, il observa la puissance vénéneuse de la jeune femme et de sa potion. Non, il ne voulait pas! Il ne voulait pas! Son esprit aux abois s'obligeait à penser aux tortures de Judain, à sa souffrance et à sa haine.Et son oeil croisa le regard d'Athos, chargé de larmes. Ce fut pir encore : le désir montait en lui, dévorant tout sur son passage, durcissant son ventre. Un désir qui n'avait pas la couleur de cette femme et de sa potion inconnue. Non... c'était un désir qui avait un nom de montagne sacrée, comme un refuge face à la noirceur du monde.

Debout devant lui, dans le rougeoiement du brasier sur lequel le bourreau faisait chauffer ses fers, la jeune femme riait à gorge déployée.

-Sortez, sortez tous, ordonna-t-elle, impérieuse comme une souveraine, vénéneuse comme un fruit défendu.

Seuls ses trois prisonniers seraient ses témoins....
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Alejandra

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Dim 3 Sep 2006 - 16:20

Alejandra était descendue aux cachots sans même prendre la peine de se changer. Mendoza et Maria Magdalena en étaient aux desserts, et elle avait horreur des patisseries... Pourtant elle avait décidé qu'elle aurait sa petite gâterie quand même.

Faisant un détour par ses armoires personnelles pour y prendre le breuvage dont elle avait besoin, elle se rendit à la salle des tortures. Elle y trouva Judain et ses sbires. Le religieux jubilait, malmenant sa proie trop digne pour lui, et croyant la tenir en son pouvoir alors qu'il ne le tenait qu'entre ses fers.

Alejandra renvoya les autres, lui seul ne parut pas avoir entendu. Elle eut une moue fataliste : "et en plus, il est sourd..." et se dirigea vers lui. L'agrippant à l'épaule, elle le força à se retourner.

-Eh, fils de prude, tu sais comment on t'appelera bientôt, en Chine ?

Et sans lui laisser le temps de répondre, elle plongea la main sous sa robe de bure, lui arracha son maigre justaucorps, et...

-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH !!!!

Alejandra se redressa et essuya tranquillement sa main sur le dos de Judain. Le frère était tombé à genoux, plié en deux.

-Mouais, non. On te donnera du Monsieur l'Eunuque la prochaine fois, pour l'instant j'ai mieux à faire.

-Exterior, ahora! No es un espectáculo para los macacos.

Et elle le poussa rudement dehors. Puis, s'en retournant vers Vaudois, elle lui fit boire le breuvage aphrodisiaque, et se pencha vers lui, embrassant et léchant le sang qui coulait de son oeil crevé.

-Tu sais ce que je vais te faire, n'est ce pas, sussura t'elle en effleurant de la langue l'orbite vide et sanglante.

Vaudois frémissait de rage et de douleur.

-Vas y, déteste moi... Tu m'aimeras quand même va.

Le désir du jeune homme s'était dressé si haut que les chausses de Vaudois avait du mal à le contenir... Alejandra ricana et lui baissa violemment la culotte, en le griffant au passage.

-As-tu déjà laissé s'exprimer la part de jeune fille en détresse qui est en toi, bel éborgné ?
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Alejandra

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Dim 3 Sep 2006 - 18:26

Si Vaudois laissa échapper des plaintes, du moins aucune d'entre elles n'étaient motivées par la douleur. Seulement par la rage et la honte. Il l'aurait dépecée vivante, et à mains nues ! Oh oui, à mains nues...

Alejandra quand à elle, s'amusait bien. S'enferrant volontairement sur l'épée de Vaudois, c'était elle, désormais qui menait le duel. Elle lui avait enfoncé ses serres dans les épaules, et tout en le... tout en le violant, il n'y avait pas d'autres mots possibles, elle chantait.

Tantôt haut et fort, tantôt au creux de son oreille, tantôt pour tous, tantôt pour lui seul.

Tantôt un chant de guerre, tantôt une douce berceuse, tantôt une chanson paillarde, tantôt une sérénade, tantôt un chant révolutionnaire.

Tantôt en espagnol, tantôt en arabe, tantôt en français, tantôt en anglais, tantôt en une langue connue d'elle seule...

Vaudois faisait l'amour avec la haine, Vaudois faisait l'amour avec la synthèse de toutes les femmes du monde.

Et elle riait ! Elle riait la putain, elle s'amusait, comme une petite fille avec sa poupée. Elle l'embrassait, elle lui tirait les cheveux, elle le frappait, elle lui parlait de sa vie, de son enfance, de ses malheurs... Mais elle riait toujours.

-Je pourrais te dire que je ne fait que venger toutes les gamines abusées et souillées par les mâles depuis la nuit des temps, beau brun... Mais je serais aussi hypocrite que toi qui n'es même pas fichu de me dire "arrête, j'ai mal" ! Je te prends ton honneur parce que j'aime jouer avec les créatures humaines, parce que j'aime la luxure, le plaisir, parce que je n'ai peur de rien, et parce que je vis.

Elle rejata la tête en arrière, riant, encourageant les vas et viens, frappant joyeusement sur leurs deux sexes réunis avec ses mains calleuses de spadassin femelle.

-Alejandra, Alejandra !!!!! Venga, viene!! Alejandra, es mi nombre! Mohamed, se acuerda ? Te trataba de la misma manera, y me volvía a pedir ! Me gusta la vida, me gusta el amor... Es cruel?

Elle secoua sauvagement son bassin, tantôt brutalement, tantôt espièglement. Elle les connaissait tous, l'expertes, les instants d'extases comme ceux d'affaiblissement.

-Tu me prends pour une folle, beau brun ? Eh, n'ai-je pas le droit de chanter ? Mohamed, c'est celui qui m'a pris ma virginité... Je crois bien qu'on peut dire que nous nous sommes aimés. Mais bon, depuis qu'il est mort, comme tu le vois, je suis toujours moi. Bon sang, ton petit soldat attends la relève ou quoi ?

Elle se pencha vers lui, plantant ses deux coudes dans son torse avec un sadisme évident et un sourire angélique aux lèvres.

-As-tu déjà rencontré une femme comme moi, Juan ?
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Vaudois

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Dim 3 Sep 2006 - 18:49

Il avait honte. Honte de lui. Honte de vivre. Honte du regard de ses compagnons sur ces ébats monstrueux. Honte de ses propres gémissements qui s'échappaient sans qu'il pût les retenir. Honte de ne pas mourir, là, tout de suite, sans rouvrir les yeux.
Elle était là, l'humiliant en exploitant toutes ses faiblessses, laissant des cicatrices au bord de son coeur en blessant son corps. Il n'avait jamais connu l'amour et on lui faisait la haine. Il avait envie de mourir, de ne plus sentir son corps en cendres et son âme ravagée. Ne plus rien éprouver. Ne plus sentir ses larmes de rage et d'impuissance qui brûlaient son unique oeil, à force de les retenir. Ne plus croiser le regard de cet homme qu'il aurait pu aimer. Qu'il aurait voulu carresser. De cet homme au nom de refuge béni des Dieux, comme un havre de paix qu'il ne pourrait plus jamais atteindre, désormais.
Fermer les yeux et partir. Disparaître. Ne plus avoir à se battre, mais se laisser couler, loin de cette horreur sans nom. Il se sentait fouillé, sali, puni... Il se sentait avili. Et il se haïssait.
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Aramis
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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Dim 3 Sep 2006 - 23:31

Aramis s'était figé sur place en voyant apparaître la sombre silhouette d'un homme inconnu, lequel s'entretint un moment à voix basse avec Judain et ses hommes, dans ce qu'Aramis comprit être de l'espagnol sans toutefois parvenir à saisir davantage que quelques bribes de mots.

L'homme les considéra un long moment, deux figures sombres qui en soutenaient une autre. Quelques mots, pour une condamnation plus sûre qu'aucun tribunal n'eusse put jamais prononcer. Aramis croisa le regard de cet homme avant qu'il ne tourne les talons pour sortir de la salle... Lui, il n'aurait de cesse de le tuer, si la providence lui prêtait vie...

Aramis sentit une forte secousse sur son bras, qui lui arracha une grimace de douleur. Vaudois venait de se libérer de son soutien, et le fascina d'un regard de sombre rage, avant de se tourner vers Judain, lequel se tenait debout devant eux, son air goguenard ne l'ayant pas quitté. Le frère fit un léger signe de la main, et les gardes se jetèrent littéralement sur les prisonniers, les plaquant sans ménagement sur la muraille dure et leur enchaînant les poignets avec des chaînes de fer. Aramis retint un grondement de douleur, pâlissant encore, si c'était possible. Mais plus que jamais il s'efforçait de n'en rien montrer, d'afficher sa détermination, de faire preuve de courage... Il croisa le regard calme d'Athos, et cette vue lui rendit quelque énergie.

Le père Judain s'approcha de lui le premier, lui relevant le menton sans ménagement et plongeant son regard gris délavé dans le sien.

-D'Herbaly, comme on se retrouve ! Vous n'avez donc pas perdu ces stupides vélléités de secourir les misérables, comme avant ? Mais dans mon souvenir, autrefois, vous n'osiez guère vous opposer, n'est-ce pas! J'espère que vous n'aurez pas changé ces bonnes dipositions, jeune homme !

Riant comme un dément, il lui repoussa brusquement la tête, qui heurta douloureusement la muraille.

- ... Oh, et à propos, mes salutations au Père Théophile, dès que vous le verrez, ricana-t-il.

Il lui tourna le dos sur ces mots, pour se diriger vers le comte, duquel il se détourna rapidement sans prononcer une syllabe. Pour finalement revenir à Vaudois... Aramis sentit un frisson lui étreindre le coeur, tandis qu'il contemplait la scène, encore une fois... Absolument impuissant.

Judain agrippa les cheveux de Vaudois et lui releva de force la tête.

-Tiens donc, tu caches tes yeux de souffre, maudit bâtard, à présent ? Aurais-tu donc honte ?

Vaudois lui cracha au visage, et ce voyant, Aramis eut un faible sourire. Toujours le même, Vaudois, toujours aussi fier, aussi fort sous la violence, la douleur, l'humiliation... Le frère Judain n'avait répondu que par un immonde ricanement, un cancanement absolument démentiel, lequel fit frissonner le chevalier comme une douche glacée.

-Eh bien, maudit batard, baisse tes yeux immondes devant moi!

Aramis observa la scène épouvantable qui suivit en silence. La rage et le ressentiment faisaient battre son coeur à en briser ses côtes. Et puis... lorsque le fer brûlant fit son oeuvre, le cri de douleur que retenait de toute son âme son compagnon résonna impitoyablement dans la tête du chevalier, semblant vriller son cerveau d'une rage incommensurable.

La salle résonna du cri... Un cri qu'Aramis n'avait pas eu conscience d'avoir émit, et ce de toute la force de sa voix. Un hurlement quasi inhumain de rage, de douleur et d'impuissance réunis.

Il luttait de toutes ses forces contre les chaînes qui le retenaient en place, ses poings serrés devenant violets sous l'efforts, tandis que le sang se remettait à couler des plaies sur ses bras.

Un des gardes lui asséna un coup de pied au ventre, lequel lui coupa le soufle d'un coup. Judain n'y avait pas prêté la moindre attention, concentré qu'il était sur sa victime, qu'il rouait impitoyablement de coups.

Avec un grondement à mi-chemin entre le gémissement de douleur et le grognement de rage, Aramis détourna la tête et ferma les yeux.

- Allons, mon frère, nest-ce pas bien peu charitable ce que vous faites là?

Cette voix, féminine et douce, lui fit rouvrir les yeux avec étonnement. Il fixa ainsi la silhouette qui se découpait dans l'encadrement de la porte, masquée dans la semi-obscurité. À mesure qu'elle s'avançait dans la pièce de cette démarche provocante et sensuelle, la stupeur du chevalier accroissait d'autant. Une très belle jeune femme... Superbe, proportionnée, avec une peau d'une couleur chaude aux reflets cuivrés... La poitrine entièrement nue sous une chemise ouverte. Il détourna le regard, les joues enflammées malgré lui. Cette jeune femme semblait ignorer jusqu'à la signification du mot pudeur.

Quelques instants après, un effroyable cri de douleur perçait la salle en se répercussionnant douloureusement dans les tympans d'Aramis. Judain venait de s'effondrer sur le sol, ramassé sur lui-même comme une boule abjecte. La jeune femme l'attrapa par son col repoussant et l'envoya valser à l'extérieur de la salle.

Elle se tourna vers Vaudois et lui porta un récipiant aux lèvres, duquel le protestant but avidement. Une action semblant pleine de compassion, qui se révéla vite être une monstruosité innommable...

La jeune femme fit sortir tous les hommes qui se trouvaient dans la pièce. Tous, à l'exception de lui-même et d'Athos... Forcément...

La scène qui suivit fut plus que ne pouvait endurer Aramis, lequel détourna à nouveau douloureusement le regard. Mais il ne pouvait empêcher les cris et les gémissements de lui parvenir, vrillant son âme d'une empreinte sanglante et son coeur d'un sursaut de rage comme il n'avait jamais cru pouvoir ressentir...

Une, deux larmes coulèrent sur ses joues. Des larmes de douleur, des larmes de sang... versées sur l'honneur et l'âme d'un ami plus proche qu'un frère.

_________________
Ondoyant comme le fleuve sinueux...
Et tout aussi fougueux...

René Aramis,
Chevalier d'Herblay


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Athos
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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Lun 4 Sep 2006 - 0:13

Athos avait les lèvres et les paumes en sang. Forcément, les seules armes qui lui restaient n'étaient que ses crocs et ses griffes. La haine qu'il avait ressentit pour Alejandra durant quelques secondes à peine, et qui aurait pu elle, devenir une arme mortelle, n'avait apparemment pas trouvé assez de combustible dans cette âme trop belle pour elle pour continuer à brûler longtemps. Athos avait mal, c'était tout.

Mal pour Vaudois, mal pour Aramis qu'il avait entendu hurler à la place de son compagnon, mal pour ceux qu'il aimait et qu'il ne voyait plus. Et oserait-il le dire lui même ? Athos avait mal pour lui aussi...

Athos avait compris tout ce qu'il cherchait depuis toujours en un seul regard de Vaudois. Il n'avait pas à chercher plus loin pour le mousquetaire. Il fallait que leurs yeux se rencontrent de nouveau, il fallait se noyer dedans pour, après avoir compris le monde, se comprendre soi même.

Alejandra avait accompli son sinistre et écoeurant dessein. D'ailleurs était-ce vraiment un dessein pour cette femme ? Non, elle prenait comme celà lui venait, et elle s'était bien amusée voilà tout. Athos n'était même pas sûr que dans son esprit, la jeune femme venait de commettre une mauvaise action. Pour elle il ne semblait y avoir ni bien ni mal. Juste elle au milieu des autres.

Se doutait-elle ou ne se doutait-elle pas qu'elle venait de torturer trois hommes en lieu et place du seul sur lequel elle s'était physiquement acharné ? Athos n'en savait rien non plus. Elle sortit juste, les laissant tous les trois là, anéantis, continuant de chanter et en leur faisant un signe d'adieu de la main. La porte du cachot se referma, et tout fut noir de nouveau.

On n'entendait plus que le bruit de leurs respirations saccadées. Personne n'avait le courage ou la cruauté de faire entendre ses sanglots. Athos était plus proche de Vaudois qu'Aramis. Le comte gardait les yeux fixés sur la silhouette du protestant, aheltante, qui n'était plus maintenue dans un semblant de position droite que par ses chaînes.

-Vous êtes fort... Murmura t-il.

Bas, très bas. Il n'était pas sûr de s'être entendu lui même. Pourtant il continua.

-Vous êtes fort et je suis fier de vous... Vous êtes fort, et j'aimerais vous serrer dans mes bras.

( HJ : Môdieu que je suis pas crédible en Athos T__T Je me préfère en violeuse déjantée Evil or Very Mad )

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Lun 4 Sep 2006 - 11:48

Le temps du supplice s'était étiré paresseusement. Impitoyable... Avec une cruauté délectable.

Elle avait ri... Elle avait chanté... Elle s'était octroyée son propre plaisir... Puis, comme une enfant capricieuse, elle s'était lassée de son jouet. Et l'avait abandonné là, tout cassé, tout abîmé. Désormais inutilisable. Elle était sortie alors, toujours chantant, toujours riant, en leur faisant un petit signe d'adieu de la main... Comme une promesse de revenir très bientôt jouer avec eux.

Le silence qui s'était emparé d'eux avait semblé insoutenable. Dans l'obscurité de la pièce, l'écho de leur trois respirations haletantes semblaient se réperctuter sans fin en se fracassant contre les murs épais.

Enfin, il ne sentait plus rien. Il n'éprouvait plus rien. L'esprit de Vaudois avait enfin quitté son corps meurtri et son coeur torturé. Il s'était séparé d'eux pour flotter librement, joyeux d'avoir pu s'évader de cette prison de chair en sang et de cette geôle d'émotions en lambeaux. Vaudois se sentait vide. Et léger. Enfin détaché de tout. Il était loin, si loin de tout cela à présent. Loin, là-bas, attaché à la muraille froide et poisseuse, titubant sous ces chaînes qui seules le maintenaient debout, son corps laissa ses lèvres s'étirer doucement dans un sourire.
Il tourna lentement la tête vers la seule ouverture qu'on avait pratiquée dans le mur.Iil en était le plus proche. Une ouverture... sans doute pour faire sortir l'odeur du sang et des chairs brûlées. Le corps eut un sourire las... Etrange : un soupirail dans une salle de tortures... On devait pourtant entendre le cri des suppliciés de l'extérieur. Son corps en aurait presque rit, s'il ne s'était pas sentit si fatigué.

Il se sentait si léger. Que tout cela était drôle au fond. Cela lui rappelait une vieille chanson....
Legiones vinxerant atque postermo ceciderunt. Regni adsurrexunt, nunc arene deleti
Fabellae alcujus pars,fabulae pars sumus. Aliquando praeclaraeque aliquando insanae. Nemo quemadmodum inceperit commonet....
*
Il se souvenait encore des paroles, qu'il murmurait tout bas, avec un sourire calme et apaisé.

L'oeil noir du protestant, seul diamant resté de cette parure si mal assortie, contemplait le tout petit bout de ciel qui se découpait dans le cadre noir du soupirail. Tiens, il pleut... Le ciel était sombre, presque noir. Et l'eau ruisselait avec force. Il pouvait maintenant entendre son crépitement incessant. Il aurait bien aimé être sous la pluie. Il avait besoin de nettoyer ce sang qui génait sa vue restreinte, en séchant lentement sur sa paupière unique. Ah oui, c'était cela qu'il ferait découvrir à John : l'océean sous la pluie. Pour lui montrer cet infini de la mer, lorsqu'il rejoint l'infini du ciel. Comme si le ciel pleurait de douce mélancolie de rejoindre enfin sa bien-aimée sans fin. Et ils riraient encore... Surtout maintenant que le petit savait nager et qu'il n'avait plus peur de l'eau. Et puis, il irait se baigner avec ses chausses, pour ne pas avoir à montrer...

- Vous êtes fort.... Vous êtes fort et je suis fier de vous.

La voix le sortit de sa torpeur. C'était comme un murmure lointain. Un murmure suffisamment fort pour le secouer de son rêve.
Son esprit retrouva aussitôt la pesanteur douloureuse de son corps, et la souffrance infinie de son âme. Il retrouva le bruit des respirations qui vibraient dans les ténèbres, et que ne parvenait pas à couvrir le crépitement de la pluie. Il retrouva l'odeur étouffante qui régnait dans la salle. Il retrouva les fers qui rentraient dans les chairs. Il retrouva les yeux détournés d'Aramis et les yeux fixés sur lui d'Athos. Il retrouva leur rage muette et leur consolation silencieuse. Et surtout, il retrouva le hurlement qui déferlait, qui retentissait au fond de lui depuis que... depuis que...

-Vous êtes fort, et j'aimerais vous serrer dans mes bras. répéta doucement la voix, très bas, comme un murmure qui se voulait apaisant.

Et enfin, il s'échappa. Terrifiant, insoutenable, violent, rageur, haineux, désespéré. Un cri contenant toute la douleur du monde et la souffrance d'un seul homme. Un cri sans fin. Qui s'acheva dans un gémissement.

Le sang monta à sa gorge. Il tourna vers ses deux compagnons un oeil à la lueur étrange, proche de la folie. Et Aramis eut peur que la digue qui le retenait encore faiblement ne rompît tout à fait. Car ce que Judain n'avait pas réussi à faire durant toutes ces années de torture, Alejandra venait de l'accomplir d'un seul geste : elle avait brisé l'âme sauvage et fière de son compagnon. Aramis savait que plus rien désormais ne saurait empêcher Vaudois de se noyer, que les lambeaux de sa fierté en miettes ne pourraient plus jamais le protéger... Il y avait une lueur sanglante, carnassière dans cet oeil. Une lueur de haine farouche qui refusait toute consolation. Une lueur de sang et de mort, noyée dans des larmes de rage impuissante. Une lueur qui leur signifiait clairement, à tout deux, que la bête était blessée à mort, mais qu'avant de mourir, elle tuerait quiconque tendrait la main vers elle. Que désormais, il n'existait plus ni ennemis ni amis, mais qu'il ne restait qu'un loup et le reste du monde. Et rien d'autre.

Cette lueur de folie animale rencontra l'éclat triste du regard d'Athos. Leurs yeux se cherchèrent, se sondèrent, se parlèrent... Et la lueur vacilla. Puis disparut.





(HRP: Toute ressemble avec un grand chien de 80 kilos, au pelage blanc tâché de noir et qui remue joyeusement la queue quand il retrouve son maître dans des circonstances tragiques est, pour le coup, vraiment fortuite. Je vous le jure!! N'empêche que (ô mon maître, tu serais fier de moi, à cet instant), le texte finit toujours par dire des choses qui échappent à son "auteur". Vive Athos/Bréval, le dompteur de VAudois/Mörder sauvages!!! xpldrrrrrrrr)
____________
* "Les armées on vaincu, et sont tombées à la fin. Les royaumes se sont élevés et maintenant, sont enterrés par le sable. Nous sommes un bout d'une histoire, un bout de la légende. Un jour étincelante, un jour insensée. Personne ne se souvient comment cela a commencé" (Within Temptation, Never ending story )
Voilà, c'"était rien que pour mon petit plaisir personnel, car j'adore cette chanson. Mais comme je ne pouvais pas décemment l'introduire en anglais (sous peine de monstrueuse anachronisme) j'ai décidé de la traduire pour l'intégrer.Alors, pitié, soyez indulgents (et surtout toi, Grégoire, stp!!! mdrrr) car je ne disposais que d'un mauvais dico anglais/latin on line et que mes derniers thèmes latins remontent de... mes années de DEUG... Embarassed Laughing
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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Lun 4 Sep 2006 - 21:47

( HJ : Compte sur moi pour te gratter derrière les oreilles, tiens... )

Athos ne détachait plus ses yeux de Vaudois. Il le vit tomber au plus profond de lui même, il le vit s'y blottir, il le vit chercher quelque chose qu'il n'avait pas encore assez souffert pour atteindre... L'amore... Et puis émerger. Au son de sa voix lui, revenir à la surface.

Athos aurait voulu parler encore. Lui parler longtemps, longuement, peu importaient les mots, mais lui parler pour qu'il ne sombre plus, pour qu'il reste conscient et en vie. Mais il ne pouvait pas ouvrir la bouche. S'il l'avait fait, sa voix aurait vacillé, tel la flamme d'une bougie dans la tempête, et ce serait éteinte. Et l'orage aurait déferlé sur l'océan de son visage...

Alors il parlait autrement. Il parlait avec ses yeux, il parlait avec son coeur, il parlait avec son âme. Attaché solidement au mur, à moitié nu, tout dans son attitude exprimait la présence. La simple présence aux autres. L'ouverture, l'attente. Un coeur qui battait au rythme du monde.

-Et maintenant ?

Qui avait parlé ? Athos, Aramis, Vaudois ? Les trois en même temps ? Alejandra était elle revenue ? Ou bien la voix de la Vie avait-elle simplement chanté une dernière fois pour eux ?

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Mar 5 Sep 2006 - 7:05

Le cauchemar avait semblé durer une éternité, tant pour Vaudois que pour ses compagnons. La jeune démente avait achevé sa sale besogne et était sortie, plongeant la salle dans les ténèbres, des ténèbres qui n'avaient pourtant rien à voir avec celles qui hantaient les coeurs. Le seul bruit audible était celui de la respiration hachée et saccadée de Vaudois, et celles non moins difficiles d'Athos et d'Aramis. Ce dernier entendit le comte murmurer quelques mots au protestant, des mots d'encouragements sans doute. Le chevalier quant à lui ne se sentait pas la force d'ouvrir la bouche. Il avait la certitude que s'il le faisait, ce qui en déferlerait serait davantage un blasphème qu'une parole consolatrice. Et de cela, ils n'avaient aucun besoin à ce moment, à l'heure de l'épreuve et de la douleur.

Le long silence fut brisé par un cri déchirant, presque inhumain tant il était gorgé d'horreur, de douleur. Un cri qui raviva impitoyablement la tristesse du coeur du chevalier, lui arrachant un gémissement silencieux. Un gémissement que même une balle de mousquet ou un coup de dague n’avaient pu lui soutirer. Un gémissement arraché par l’impitoyable réalisation que l’âme de son compagnon d’enfance, son ami, son protégé, presque son frère de sang, était irrémédiablement brisée, anéantie. Un esprit vainqueur de multiples années de mauvais traitements effroyables, vaincu en l’espace d’un moment par une main de femme...

Le cri s’acheva dans un gémissement atroce, puis le silence se fit à nouveau, pesant, angoissant, agonisant...

Qui pourtant ne dura pas. La porte s’ouvrit lentement, presque insidieusement, et la figure détestable de Judain se profila dans l’embrasure. Il boîtait encore légèrement de sa petite... mésaventure avec la vipère, mais son visage exprimait plus que jamais cette exécrable expression de haineuse perversion. Il s’approcha des prisonniers, jetant un regard à Athos, sur les joues duquel subsistait une trace légèrement humide, puis sur Vaudois, rendu quasiment méconnaissable en raisons des multiples coups brutaux et de la douleur. Devant le premier, il eut une grimace mi-intriguée, mi-moqueuse, devant l’autre un mépris démesuré. Il tourna finalement son attention sur le chevalier, lequel vit dans le regard devenu sadique que c’était à son tour d’en voir de toutes les couleurs.

- Bon, où en étions-nous avant ce petit... intermède? Ah! Je me souviens...

Judain frappa trois fois dans ses mains, et à leur tour, quelques gardes entrèrent, portant entre eux un imposant coffre qu’ils posèrent sur une table devant le frère. Celui-ci désigna simplement Aramis d’un signe, et quatre hommes détachèrent le détachèrent brutalement de ses liens de fer. Ils le rouèrent de coups pendant de longues minutes, puis le jetèrent sur le sol de pierre. Sous le regard quasi joyeux de Judain, lequel se pencha et lui releva la tête par les cheveux.

- J’ai rêvé de cet instant durant des années, d’Herblay... Vous, toujours sous la bure de ce vieil attardé de Théophile, vous, l’intouchable, le protégé, le confident!! Enfin je peux vous faire payer ces années d’humiliation...

Aramis demeura résolûment silencieux, malgré la douleur qui semblait irradier de partout à la fois. Sans se laisser démonter par l’impassivité du chevalier, Judain fit signe aux sbires, qui l’empoignèrent fermement et l’étendirent sur le dos sur une table, lui emprisonnant une fois de plus les bras et les jambes dans des étaux de fer.

- Si vous nous disiez un peu la raison de votre présence ici, Monsieur d’Herblay. Vous et vos amis... Que veniez-vous donc faire à Blois?

Seul un silence déterminé lui répondit. Judain ouvrit d’un mouvement habitué le coffre, duquel il sortit avec un soin infini d’étranges instruments fins, parmi lesquels il choisit presque amoureusement une fine lame pointue.

Plus un bruit ne se faisait entendre dans la pièce. Judain examina longuement la lame de son oeil exalté, avant d’effleurer avec une douceur presque démente la poitrine du chevalier, comme pour y tracer la ligne le long de laquelle il entaillerait la chair...

Aramis suivait ces mouvements de ses yeux. Mais ses lèvres demeuraient hermétiquement fermées, son regard absolument ferme. Même sous une telle menace, il était résolu à ne pas dire un mot, à ne pas fléchir une seconde.

- Allons, d’Herblay, répondez, voyons, vous ne vous montrez pas du tout raisonnable. Ce n’est pourtant pas ce que vous avait enseigné ce cher Théophile...

La pression sur la lame s’accentua. Aramis serra les dents, tandis qu’un long et fin sillon écarlate apparaissait au passage de la lame. Le regard de Judain brillait d’un éclat encore plus grand.

- Hum... Vous qui avez partagé tant de choses avec ce digne père abbé, n’avez-vous pas pris auprès de lui des leçons d’anatomie, de biologie, peut-être d’autres choses aussi...

Aramis ne répondit rien, détournant le regard pour ne pas rencontrer celui de son tortionnaire. La lame cessa de le taillader pour recommencer son manège doucereux, cette fois sur la gorge même du chevalier. Judain émit comme un rire de gorge, voyant l’absence de réaction chez sa victime.

- Leçons forts utiles s’ils en existent... Dites-moi donc, chevalier, vous qui étiez si bon élève...

Son ton de voix était devenu grinçant.

- Il se passerait combien de temps avant que vous ne mouriez au bout de votre sang si je vous taillait la gorge ainsi?

Il se rapprocha davantage de l’oreille d’Aramis, et lui chuchota.

- Où alors... peut-être devrais-je vérifier l’hypothèse sur votre autre compagnon, là...

Aramis gardait un silence, mais ses poings crispés en disaient fort long sur ce qui se passait dans son âme.

Judain émit un autre rire cruel, promenant toujours la lame sur la peau d’Aramis, sur son visage, ses bras, son torse, s’attardant ici et là...

- Quoi? Cette idée vous déplairait-elle donc? Mais alors, parlez, d’Herblay... Que faites-vous ici, vous et vos amis?

La lame fit une pause sur la pomme d’Adam du chevalier, et en fit paresseusement le tour. Aramis ferma les yeux et se mordit les lèvres. Judain pouvait faire comme bon lui semblait, il ne révélerait rien, non rien...

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Mendoza de la Cruz

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Mar 5 Sep 2006 - 14:51

- Judain ! A-t-il parlé ?

Mendoza se tenait dans l'embrasure de la porte. Les trois prisonniers sentirent plus qu'ils ne virent cette présence s'approcher d'eux.

Il fit signe à Judain de s'écarter et toisa chacun des prisonniers. Chacun portait sur lui les stigmates d'une nuit l'enfer, d'une nuit de cauchemar sans nom. L'Espagnol évalua d'un coup d'œil le degré de délabrement de ces trois corps. Et d'un seul regard il évalua en professionnel l'espérance de vie des suppliés.

Il tourna la tête imperceptiblement et regarda Judain lequel était fort contrarié d'avoir été interrompu.

- Je suppose qu'ils n'ont rien dit ?

- Rien, Votre Excellence.

Mendoza regarda encore une fois le visage de ces hommes brisés. Vaudois n'était plus qu'une plaie, apparemment inconscient. Son œil unique restait éteint mais Mendoza n'aurait pas parié sur l'inconscience réelle du sujet. Aramis tenu éveillé par la douleur le défiait du regard. Son œil étincelait de haine. Quant au troisième homme, son œil bleu semblait perdu quelque part dans un univers intérieur. Ses yeux absents brillaient encore de temps à autres d'une lueur de démence.

Mendoza s'adressa à Aramis qui même hostile semblait le plus présent des trois à cet instant.

- Messieurs, vous avez beaucoup souffert pour ne pas me dire que vous étiez au roi de France. Beaucoup subi pour ne pas me dire aussi que vous étiez là pour contrecarrer mes projets. Vous allez mourir à présent et rien ne pourra vous sauver. Dans deux heures vous serez conduits dans les fossés du château où vous serez passés par les armes. Mais votre courage mérite au moins un peu de considération, puisqu'il est considérable. Je veux vous dire qui je suis, que vous connaissiez votre ennemi avant de mourir. Je suis Mendoza de la Cruz y Tenorio, Comte de Salvatierra et futur Duc de Huescar. Voulez-vous une sépulture chrétienne ? Vous l'aurez ! Je ne vous demande que vos noms pour savoir à mon tour qui de mes ennemis va mourir aujourd'hui par ma main.
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Athos
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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Mar 5 Sep 2006 - 23:47

Athos avait tout subit sans même songer à ce qu'on lui hurlait à travers la douleur. Parle ! Parlez ! Commun singulier. Athos n'y faisait même pas attention. Il se concentrait sur la douleur, il comptait sur elle pour remplir le vide qui s'était installé dans son coeur et qui lui faisait peur. Parce que le vide, passé un certain stade, cela engloutissait tout, même la raison, même la vie. Or ce qu'Athos voulait en cet instant, contrairement à ce que l'on aurait pu croire vu son état, c'était la vie justement ! Pas la mort ! La fin de la souffrance, mais que cette fin aboutisse à quelque chose. Surpasser la honte et la bassesse humaine pour grandir et se retrouver plus fort à la fin. Plus forts, tous ensemble. A quoi servent le courage de ne pas s'oublier soi même dans la fange où l'on vous traîne, si c'est pour n'en ressortir vainqueur qu'en abandonnant la partie ?

Le mousquetaire, ou ce qui s'efforçait d'en rester, vit à peine entrer Mendoza. La part de fierté et de lucidité qui lui restait - sans doute bien plus importante que sa folie naissante ne voulait bien lui faire croire - lui cria de se ressaisir, de se redresser, et d'écouter. Ne serait-ce que pour faire savoir à cet homme qu'il n'avait pas encore gagné, employant pour cela un langage que même cette parodie d'être humain pourrait comprendre.

En se tenant droit devant lui.

Athos cligna des yeux, et son regard croisa celui de Mendoza, au moment ou Aramis ouvrait la bouche pour répondre.

-Etes vous donc irrespectueux des choses à ce point... ou bien êtes vous complètement fou, Monsieur de La Cruz ? Parler de chrétienté devant des hommes pour qui vous avez fait preuve d'autant de cruauté ? Allez voir en enfer si nous y sommes ! ... D'ailleurs je crois que vous ne trouverez rien là bas... Sinon votre propre reflet.

Athos aurait voulu tousser pour évacuer tout le sang qui lui était remonté dans la gorge durant sa diatribe. Leur bourreau lui avait sévèrement entaillé la trachée, tout en voulant atteindre ses cordes vocales afin de le forcer à parler. Judain n'avait pas du suivre beaucoup de leçon d'anatomie, lui, au contraire... Athos ravala le liquide poisseux qui le mettait au supplice, tout en s'efforçant, sinon de n'en laisser rien paraître, mais du moins de ne pas lâcher l'Espagnol des yeux.

-Je prévoyais de jeter vos cadavres aux chiens si vous vous obstiniez à ne rien dire... Mais pour vous, monsieur, je crois que je vous enttererais au moins sous le nom de Don Quichotte... Enfin, si je m'en rappelle d'ici là !

Mendoza haussa les épaules et désigna Aramis et Vaudois d'un petit mouvement sec de la tête.

-Emmenez ces deux là à la chambre aux mille lits. Puisque monsieur ( il désignait Athos ) sait encore raisonner, nous allons le laisser méditer un peu sur la solitude et la séparation... Dîtes adieu à vos amis, Don Quichotte.

Athos se mordit la lèvre. Judain et les gardes détachaient déjà Aramis et Vaudois, pour les traîner dehors. Athos n'eut que le temps de jeter un dernier regard à Vaudois... Un dernier espoir à transmettre, un dernier regard sur le monde intérieur le plus incroyable qu'il avait jamais vu... Une dernière fois, permettre à quelqu'un de toucher son âme...

-Vaudois...

Une dernière promesse...

-Adios, señor.

La porte se referma sur Mendoza.

Et puis plus rien...

Juste le chant de l'eau, dehors...

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Vaudois

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Mar 5 Sep 2006 - 23:54

Les regards ont une puissance magique. Certains plus que d'autres. Certains, au fond de la détresse, sont comme la flamme vacillante d'une bougie. Faible, mais suffisante pour éclairer un peu les ténébres.
Le regard qu'ils échangèrent en silence eut cette force-là. Il y avait une douleur infinie mélée à une infinie douceur. Comme l'océan lorsqu'il rejoint le ciel.
Un regard qui dit tout, sans un mot.
Un regard qui scelle la réconciliation avec le monde et sa laideur.
Un regard plus tendre qu'un baiser profond, plus doux que la plus légère des caresses sur un corps frissonant. Plus triste qu'un dernier soupir.

Comme le baiser d'un mourant sur les lèvres de son amant.

Leurs yeux étaient enlacés dans une étreinte muette et tendre, qui ne cessa pas même lorsque les gardes vinrent détacher Aramis et VAudois pour les traîner dans les couloirs sombres. Leur regard continua longtemps à s'accrocher, comme un dernier adieu. Vaudois reverrait-il Athos vivant ?



Ils escortèrent leurs prisonniers dans les couloirs sombres. Devant étaient les gardes. Puis Aramis, suivi de Judain. Ensuite venaient VAudois et les derniers membres de leur escorte. Et derrière la porte les attendait une silhouette féminine.

Vaudois avait les yeux rivés sur ses mains enchaînées. A peine perçut-il la caresse de la pluie battante lorsqu'ils traversèrent la cour. Il remarqua seulement, en levant la tête, qu'il n'y avait plus qu'un garde devant Aramis, et Judain entre eux deux. VAudois regarda ses mains, avec un doux sourire.

La suite fut extrèmement rapide. Il s'appuya dos contre le mur, pour ne pas être surpris, en serrant le cou de sa victime entre ses chaînes.

-Aramis, Va-t-en! Fuis!!!!! Hurla-t-il, tandis que les chaines qui entravaient ses mains se resserraient peu à peu sur le cou de Judain.

La pluie crépita plus fort. Aramis resta un instant figé de stupeur. Comme hébété. Et tout devint à cet instant ridiculement inutile....
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Alejandra

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Mer 6 Sep 2006 - 0:35

-Aramis, Va-t-en! Fuis!!!!!

Alejandra haussa un sourcil et se retourna. Le beau brun avait pris le macaque en otage, lui ensserant la gorge de ses chaînes, et se plaquant dos au mur pour être bien en vue lorsqu'il mettrait sa menace à éxécution. La jeune espagnole en aurait été atterée pour un peu.

Son oncle avait regagné ses quartiers en quittant les cachots, et par conqéquent c'était elle qui avait prit la relève pour superviser le travail des bourreaux. Elle haussa les épaules, tira sa rapière d'un geste presque nonchalant, mais néanmoins précis, et marcha droit sur Judain et Vaudois.

Le protestant ouvrit la bouche pour la sommer de ne pas avancer davantage.

Un coup de tonnerre retentit... couvrant presque l'éclair d'acier qui siffla dans l'air au même instant.

Ploc. Ploc.

Deux gouttes parmi des milliers d'autres. De celles là, on entendit le bruit.

Alejandra extirpa sa lame de l'estomac du macaque, qu'elle avait pratiquement coupé en deux, et dont le cadavre roula au sol. Elle eut une petite moue désaprobatrice, et faisant signe aux gardes de continuer leur route vers la chambre aux mille lits avec Aramis, elle rengaîna, empoigna le corps de Judain, et alla le balancer dans l'abreuvoir des chevaux de traits.

-Là, au moins, il pourrira sans gêner le passage. Grogna t'elle en s'essuyant les mains sur ses chausses, malgré la pluie battante.

Elle vit le corps de vaudois s'affaisser, et retourna près de lui. Elle l'avait donc tué en même temps... Dommage, elle s'était bien amusée avec. Alejandra s'accroupit à côté du corps recroquevillé, comme une araignée morte.

Elle lui posa une main sur l'épaule.

-Tu meurs, beau brun...

Elle le retourna sans douceur, mais sans violence particulière non plus. Le jouet était déjà cassé, elle n'allait ni s'amuser à le réparer, ni à le démolir davantage. Il rendait l'âme, c'est tout. Alejandra se pencha au dessus de lui, afin qu'il voit son visage, qu'il la voit lui parler. Elle se fichait pas mal de savoir si il l'entendrait ou non.

Elle vérifiait, elle examinait. Elle regardait le monde, sans pour autant en tenir compte, certes, mais enfin... Du moins elle, savait-elle qu'il existait, ce monde...

-Oui, tu meurs...

Un nom s'échappa dans l'air. Alejandra avait l'ouïe plus fine que la pluie. Elle entendait même les pensées...

-John...

La Vierge Eternelle se pencha. John ? John... Alejandra eu un demi-sourire. John ? Cette pensée là avait un goût de plume, pas de pétale de rose. Alors... Mouais. Bon.

-Tu avais un enfant ? Dit-elle en penchant la tête de côté.

Il murmure autre chose.

-Tu avais un enfant et tu vas mourir... Dit-elle avec une autre moue.

Elle se pencha à son oreille.

-Si tu l'as aimé, alors pars sans te retourner... Il grandira bien sans toi, va. C'est solide, ces trucs là. La preuve, regarde moi. Et regarde toi aussi... Mais si ça peut te... consoler ( elle grimaça ) sache que... Sache que si tu as été gentil avec lui....

Elle cligna des yeux.

-Si tu as été gentil avec lui... Alors il se souviendra vaguement d'un oeil blanc, parfois, peut être... plus tard... Lorsqu'on lui parlera de douceur.
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Vaudois

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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Mer 6 Sep 2006 - 0:38

(HRP: pour les adaptes des vertus bienfaitrices de la catharsis, voiici une petite expérience littéraire, testée tout à fait fortuitement sur un cobaye non consentant à la base et peu sensible pourtant
aux réactions secondaires : relisez ce post en écoutant ca http://www.radioblogclub.com/open/115663/hello_%E9vanescence/Evanescence%20-%20Hello xlpdrr...
xpldrrr )


Le paysage était morne et gris et la cour du château était triste sous l'averse qui redoublait. VAudois eut un sourire désolé en regardant Aramis. Etait-ce de n'avoir pas pu réussir ? Etait-ce de voir qu'Aramis n'avait pas su fuir ? Etait-ce de voir qu'il n'avait pas su lui montrer autrement qu'en tentant vainement de le sauver combien il lui était reconnaissant pour toutes ces années écoulées ?

Il baissa tristement les yeux vers la tâche qui s'élargissait sur sa chemise déchirée qui cachait mal son corps trop mince.... et ses mains se levèrent doucement, en tremblant, vers cette tâche rouge toujours un peu plus grande. Comme pour retenir la vie qui s'échappait sans bruit. Il releva de nouveau les yeux vers Aramis, avec un éclat mélancolique, avant de glisser tout doucement le long du mur. Son corps s'affaissa lentement, très lentement. Avant de se coucher sur le sol détrempé. De se ramasser sur lui-même comme un enfant fragile...

Dans le ciel, l’averse redoublait : les gouttes ruisselaient sur la silhouette recroquevillée au sol, qui frissonnait légèrement à présent. Les mèches sombrent collaient au visage. Et la pluie qui s'abattait avec rage dessina comme un halo pâle atour du corps.

Au loin, on entendit un grondement. Le ciel se couvrit d'un voile de ténèbres et le crépitement de la pluie s'intensifia. Dans le bruissement sourd des gouttes d'eau qui s'écrasaient, il y eut un craquement sinistre. Comme le cri d'un coeur qui se brisait.

-Pardon, John, votre bâton de marche était vermoulu... sourit-il faiblement.

Une toux vint couper son murmure. Et le sang perla en larmes amères à ses lèvres.

Il n'avait pas quitté son sourire doux et résigné, un peu triste, et profondément navré. Une vague de chaleur douce l'enveloppa tandis qu'il sentait la vie qui le fuyait tout doucement. La pluie qui ruissellait venait effacer le sang qui coulait plus abondant sous l'eau glacée.

Enfin, il avait enfin compris,après toutes ces années à maudire et haïr les autres, que le seul à qui, au fond, il ne pardonnerait jamais, c'était lui. Il était trop conscient de ses faiblesses pour pouvoir un jour les accepter. Il se sentait pitoyable de se débattre ainsi dans des tourments sans fin. Le seul supplice qu'il avait jamais vraiment subi, au fond, c'était celui qu'il s'était imposé, jour après jour, année après année.

Sans doute, la torture terrible que lui avait infligée Alejandra était d'une horreur insoutenable. D'un machiavélisme sans fond. Profondément féminine... Lui qui s'était toujours débattu dans les affres d'une âme trop noire pour pouvoir se pardonner, lui qui avait toujours fait face, comme un animal blessé, ce soir-là comprit qu'il refusait de se battre.

Par deux fois, il avait voulu la mort. La première fois, c'était une nécessité : défendre son honneur en laissant tuer ses compagnons, et ne pas le perdre en les laissant mourir seuls... Mais dans cette nuit d'un autre temps, Dieu et les hommes en avaient décidé pour lui autrement.

La seconde fois... La seconde fois, c'était à cet instant, sur le pavé froid de la cour. La seconde fois n'était pas une nécessité... Elle n'était qu'un choix. Une immense lassitude... De la fatigue dans son corps las qui laissait s'écouler sa sève cinabre... Un dégoût... Un refus de se battre davantage... Un refus de poursuivre plus longtemps une existence stérile... Un refus... de se pardonner. Un refus sans appel.

Alejandra avait achevé de mettre le doigt sur ses faiblesses et l'humiliation de se voir si misérable était trop grande pour qu'il puisse continuer à se débattre pour survivre.

Sans doute que les anges, du haut du Ciel, et Dieu avaient dû ricaner en se penchant sur son berceau... Sans doute qu'ils devaient toujours bien rire, là-haut, de le voir s'agiter ainsi, comme un pantin ridicule! Plaisant spectacle! Réjouissante distraction! Mais la farce était jouée... Tirez les rideaux... Il n'y avait plus rien à voir...

Dieu ne pourrait pas ne pas lui pardonner d'avoir mis fin à son existence, à sa vie, puisqu'au fond, il n'avait jamais vraiment vécu. Et Il trouverait bien un autre pantin pour se distraire.

La pluie se mélait au sang, et le froid s'empara enfin progressivement de lui. Mon Dieu... Que la mort était longue à venir. VAudois, vivant, n'avait jamais eu peur de la mort. Il l'avait parfois même appelée, presque comme une amie. Et voilà qu'au moment où elle arrivait, il se rendait compte... qu'il avait peur d'elle. Il eut un faible sanglot. Il avait peur de partir, à l'heure où des visages aimés venaient lui adresser un dernier adieu muet et danser dans son regard déjà éteint. John d'abord , qui l'attendrait éternellement... Ils n'iraient donc pas voir l'océan ensemble. Et John ne rirait plus en nageant dans les rivières, comme alors.

Et Athos... Peut-être que dans une autre vie... peut-être... un jour... ils auraient pu...

Il avait froid à présent. Très froid. Et la fatigue s'emparait de lui. Il ferma lentement les yeux sur les deux visages tant aimés. Pour les conserver toujours dans son esprit. Il n'avait jamais vécu. Il avait subi. Et maintenant... Il avait peur.

Il eut un tout dernier sourire.

-John, nous n'irons jamais au delà de l'horizon, murmura-t-il.

-Athos... Laisse-moi voir tes yeux.

Il soupira doucement. Sa respiration s'apaisa enfin avant de s'éteindre tout à fait.

Et la pluie battante crépitait toujours, dansant sur le corps à jamais endormi...


Dernière édition par le Mer 6 Sep 2006 - 18:25, édité 4 fois
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Aramis
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MessageSujet: Re: Une cellule obscure...   Mer 6 Sep 2006 - 4:19

Aramis allait répondre à Mendoza, lorsque la voix douloureuse d’Athos se fit entendre.

- Etes vous donc irrespectueux des choses à ce point... ou bien êtes vous complètement fou, Monsieur de La Cruz? Parler de chrétienté devant des hommes pour qui vous avez fait preuve d'autant de cruauté? Allez voir en enfer si nous y sommes! ... D'ailleurs je crois que vous ne trouverez rien là bas... Sinon votre propre reflet.

Le visage de Mendoza se tordit dans un rictus dédaigneux, et il plongea son regard dans celui d’Athos.

- Je prévoyais de jeter vos cadavres aux chiens si vous vous obstiniez à ne rien dire... Mais pour vous, monsieur, je crois que je vous enterrerais au moins sous le nom de Don Quichotte... Enfin, si je m'en rappelle d'ici là!

Mendoza haussa les épaules et désigna Aramis et Vaudois d'un petit mouvement sec de la tête.

-Emmenez ces deux-là à la chambre aux mille lits. Puisque monsieur ( il désignait Athos ) sait encore raisonner, nous allons le laisser méditer un peu sur la solitude et la séparation... Dites adieu à vos amis, Don Quichotte.

Aramis se mordit les lèvres à ces paroles, et jeta un regard à Athos, mais déjà les hommes le détachaient et l’empoignaient durement pour le traîner vers cet endroit si étrangement nommé. Quelques secondes, et ils avaient tourné le coin du couloir, laissant le comte derrière.

Ils sortirent à l’extérieur dans une pluie battante. L’un des soldats devant lui s’éloigna dans une direction différente. Soudain, un cri retentit derrière le chevalier, lequel se retourna vivement, abasourdi. Vaudois avait empoigné Judain par le cou avec la chaîne qui lui enserrait les poignets, et il serrait de toutes ses forces.

- Aramis, va-t-en! Fuis!!!!! L’entendit-il hurler, sans parvenir à faire le moindre geste. Il ne pouvait que le regarder, absolument hébété. Il se ressaisit, voulu ouvrir la bouche, quand une silhouette sombre passa à côté de lui, rapière sortie, et éventra proprement Judain… ainsi que Vaudois… en haussant les épaules.

Le visage d’Aramis blêmit. Les gardes, obéissant au signe que la jeune femme leur avait lancé, voulurent reprendre en main le chevalier, mais ils ne purent. Jetant un cri ou plutôt un rugissement de bête, Aramis, tout blessé qu’il était et affaibli par la perte de sang, saisit brutalement la main qui s’apprêtait à se refermer sur son bras, et fit passer le corps à laquelle cette main était attachée par-dessus son épaule, le jetant durement sur le sol, et l’assommant net. L’autre garde, d’abord abasourdi de cette soudaine énergie, voulu porter la main à son épée, mais deux secondes plus tard, lui aussi gisait près de son compagnon, inconscient, le nez brisé par un magistral coup de poing.

Mais tous ces mouvements avaient pris du temps, tant de temps… Sans s’inquiéter des conséquences de son geste, Aramis repoussa brutalement Alejandra, l’envoyant à quelques pas, tandis qu’elle observait d’un air tranquille l’agonie de Vaudois.

Elle qui l’avait brisé, torturé ainsi, humilié, déshonoré, c’était elle qui avait recueilli ses derniers, son dernier souffle douloureux, sa dernière pensée…

Aramis se précipita et saisit le protestant aux épaules avec des mains tremblantes. Il vit tout de suite qu’il était trop tard… Vaudois n’était plus…

Les jambes du chevalier se dérobèrent sous lui, et il tomba à genoux. Un sanglot irrépressible lui secoua la poitrine sauvagement, et il se prit à étreindre fortement cet homme, ce frère, cet ami. Une chose qu’il n’avait jamais osé alors qu’il était en vie, même dans leur enfance…

Il était mort ainsi qu’il avait vécu. Seul, endolori, maudissant Dieu, peut-être. Et sous les yeux du chevalier, qui n’avait pu, comme depuis toujours, se porter à son aide.

Aramis se prit la tête à pleines mains, tandis que le corps inerte de Vaudois retombait devant lui. Il avait l’impression de perdre la raison, de devenir insensé. De longues minutes il demeura ainsi prostré, au-dessus du cadavre. Puis, lentement, ses mains quittèrent son visage, lequel était devenu lisse et impassible.

Lentement, il se signa, puis il se releva, avant de se retourner vers la jeune femme, sur laquelle il fixa son regard si froid et impassible, que même dans son cœur endurçi, la jeune femme dû ressentir un frisson la parcourir. Elle releva sa rapière à nouveau…

(Je crois qu'on peut poster ici l'arrivée d'Artagnan et des autres... ^^)

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